A l'heure d'établir le plan financier des trois prochaines années, le gouvernement fribourgeois a constaté une impasse budgétaire annuelle variant entre 104 et 192 millions de francs entre l'an 2000 et l'an 2002. La situation est jugée suffisamment préoccupante pour que le Conseil d'Etat planifie, outre une diminution ordinaire des dépenses, un nouveau train de mesures structurelles permettant un retour rapide à l'équilibre financier.

Les communes, principales bénéficiaires des aides du canton, et le personnel de l'Etat seront les premiers touchés. Une réintroduction d'une contribution de solidarité des fonctionnaires ainsi qu'une limitation de l'indexation des salaires sont envisagées. En tenant compte d'autres mesures, comme la réduction de la part de l'employeur au financement de la caisse de retraite, le sacrifice demandé à la fonction publique dépassera 5 millions de francs par an.

Urs Schwaller, directeur des Finances, entend en outre convaincre les communes de renoncer à quelque 15 millions de francs de subventions. «C'est tout à fait supportable», précise-t-il en rappelant qu'en quatre ans, à cause des automatismes légaux, l'aide aux communes a progressé de 77%, à 112 millions de francs.

La nouvelle loi sur les subventions, qui sera débattue en septembre par le Grand Conseil, vise également à mieux maîtriser ces dépenses en instaurant une unité de doctrine. Elle prévoit, notamment, la suppression des petites subventions, le réexamen systématique des aides de l'Etat après six ans permettant l'abandon de celles devenues superflues, la suppression de l'indexation automatique, et la généralisation d'aides forfaitaires.

Le canton de Fribourg consacre 30% de ses recettes fiscales, soit quelque 220 millions de francs par an, à diverses formes d'aides. La moitié d'entre elles concernent le secteur social.

La marge de manœuvre des autorités est faible. Il n'est guère envisageable d'augmenter les impôts des personnes physiques dans un canton doté de l'un des taux d'imposition les plus forts de Suisse. Une tentative sera toutefois faite du côté de la taxe sur les véhicules à moteur. Fortement tributaire des aides fédérales, le canton doit également s'attendre à une baisse de ces revenus, dans un contexte de fort accroissement démographique exigeant des dépenses automatiques obligatoires, notamment dans le secteur scolaire.

Les réformes structurelles, comme l'accélération de la réorganisation hospitalière, la fusion de communes ou une nouvelle répartition des tâches entre canton et communes, deviennent ainsi incontournables pour parvenir à contenir les dépenses en améliorant l'efficacité de l'Etat.