Ville de Fribourg

A Fribourg, la gauche célèbre un statu quo

L’alliance de gauche reste majoritaire à l’exécutif de la Ville de Fribourg. Le PDC boit la tasse

Statu quo à l’exécutif de la Ville de Fribourg. Avec deux socialistes et un chrétien-social, la gauche conserve largement sa majorité. Candidat sortant, Thierry Steiert (PS) caracole en tête des suffrages et devrait logiquement reprendre la syndicature. Arrivent ensuite les nouveaux venus: Andrea Burgener Woeffray (PS) et Pierre-Olivier Nobs (PCS). Loin derrière, la PLR Antoinette de Weck est reconduite dans ses fonctions. Et le PDC sera représenté par un nouvel élu en la personne de Laurent Dietrich. L’UDC est clairement distancée. Le résultat est sans appel.

La droite n’a ainsi pas profité de la tendance qui lui a été favorable lors des dernières élections fédérales et n’est pas parvenue à placer ce troisième représentant qui lui aurait permis de reconquérir la majorité. Certes, l’UDC est en légère progression et le PLR se maintient. Mais le PDC régresse, alors qu’il faisait naguère la pluie et le beau temps sur la destinée de la Ville de Fribourg.

«Par rapport à 2011, on progresse en termes de voix, mais on perd en suffrages», note Joël Gapany, président du PDC de la Ville de Fribourg.

La forte participation au scrutin (45%) a surtout profité à la gauche, probablement davantage mobilisée pour les élections fédérales.

Le perdant du jour

Un homme cependant figure parmi les grands perdants du jour: André Schönenweid. Président du PDC cantonal, il se voyait bien siéger à l’exécutif de la Ville de Fribourg, mais s’incline donc devant Laurent Dietrich pour dix petites voix.

«On savait que ce serait très serré entre les deux hommes car Laurent Dietrich est aussi très engagé», commente Joël Gapany. «Comme candidat, il faut savoir perdre. C’est le jeu», estime pour sa part André Schönenweid. Pour lui, sa fonction de président lui donne peut-être une certaine visibilité médiatique. «Mais je dois aussi adopter des positions qui ne sont pas toujours populaires», explique-t-il.

André Schönenweid n’a jamais caché qu’il verrait d’un bon œil une alliance entre les partis de droite, afin d’ébranler cette citadelle de gauche. Mais en ville de Fribourg, la perspective de faire affiche commune avec l’UDC plus spécialement fait frémir.

D’ailleurs, Laurent Dietrich partage ces craintes: «Les partis de gauche sont très proches dans les thèmes et les idées qu’ils défendent. La droite couvre un spectre beaucoup plus large, si bien qu’une alliance en ville de Fribourg ne serait pas opportune. Le PDC y perdrait des voix au centre.»
Reste que le PDC a perdu, malgré une campagne intense, notamment dans la rue. «Et c’est mon souci. Il faudra analyser les raisons de ce résultat», ajoute André Schönenweid, qui sera également appelé au chevet du PDC bullois, qui a perdu deux sièges.

Triomphe modeste

Pour sa part, la gauche a le triomphe modeste. A l’heure de la conférence de presse, Thierry Steiert ne s’est pas posé en nouvel homme fort de la Ville mais a patiemment répondu aux questions des journalistes. Qu’est-ce qui va changer? «Trois têtes sur cinq changent, répond-il. C’est l’occasion de créer quelque chose de nouveau pour cette ville qui connaît un développement vertigineux et doit devenir un vrai centre cantonal.» Quant au profil qu’il entend donner à sa future fonction de syndic, il renvoie la question au 16 avril, avec la répartition des dicastères et l’attribution officielle de la syndicature.

Dans l’immédiat, les nouveaux élus ont un autre souci: la composition du législatif. Les résultats devraient tomber dans la nuit ou lundi matin. On saura alors si la gauche enregistre une double victoire ou si elle devra composer avec une majorité de droite au Conseil général.


Et maintenant, des actes!

Une équipe renouvelée de trois conseillers communaux sur cinq va reprendre les commandes de la Ville de Fribourg. Durant la campagne, elle aura pu se rendre compte de ce que la population attend d’elle: des actes!

Fribourg s’urbanise, se densifie. Sa croissance s’accompagne de multiples défis en termes d’infrastructures, de mobilité, d’aménagements. Pour l’heure, il y a eu beaucoup d’études, de concours et de démarches participatives. Et maintenant?

Les Fribourgeois ne veulent pas seulement savoir à quoi ressemblera leur ville demain, ni où sera construite la future piscine. Ils veulent enfin goûter au fruit des longues cogitations de ces dernières années. Place de la Gare, quartier historique du Bourg, développement du plateau de Pérolles qui accueille notamment le futur parc technologique Bluefactory: tout change mais l’impression qui domine est que rien ne bouge.

Certes, la situation financière est tendue et le sera plus encore ces prochaines années. Mais ce ne doit pas être une excuse pour cette majorité de gauche confortablement installée. Une capitale cantonale mérite mieux qu’un continuel bricolage. Les citoyens le disent, le nouvel exécutif le sait. Au-delà des étiquettes partisanes, il s’agit maintenant de construire ce «Fribourg sympa» que promet la dernière démarche participative en date.

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