Elections communales

A Fribourg, la gauche part gagnante aux élections malgré un modeste bilan

Le socialiste Thierry Steiert pourrait être le prochain syndic de la capitale fribourgeoise. Si la gauche conserve sa majorité à l’Exécutif

Qui va reprendre la syndicature de la Ville de Fribourg? Le socialiste Thierry Steiert ou la libérale­-radicale Antoinette de Weck? Le 28 février prochain, les Fribourgeois sont appelés à renouveler leurs autorités communales. Le sort de la capitale est particulièrement ouvert, avec trois membres de l’Exécutif (conseil communal) sur cinq, dont l’actuel syndic Pierre-­Alain Clément, qui ne se représentent pas.

Sur le papier, la gauche, représentée par deux socialistes et une chrétienne­-sociale, devrait conserver la majorité et Thierry Steiert reprendre la syndicature. Profitant du déclin du PDC, elle a conquis cette majorité en 2006 et tient depuis les commandes. Avantage: contrairement à la droite, elle avance unie. Socialistes, Verts et Chrétiens­-sociaux présentent une liste commune. PDC, PLR et UDC en sont encore loin. Et cette année, ils pourraient encore être pénalisés par la présence dans la grande roue électorale d’une liste indépendante. Le scénario du statu quo est ainsi privilégié par les observateurs. Car même André Schönenweid, président du PDC cantonal et candidat au Conseil communal, l’avoue: «Ce sera serré, mais difficile de renverser cette majorité dans la configuration actuelle», dit-­il avec pragmatisme.

Pas de triomphalisme

La gauche régnante se garde bien, néanmoins, de tout triomphalisme. Car les habitants de la capitale ont un catalogue de récriminations. Fusion avec les communes de l’agglomération, construction d’une piscine et d’une nouvelle patinoire, réaménagements autour de la gare et du quartier historique du Bourg: ces dernières années, beaucoup de rapports ont été produits, les démarches participatives ont essaimé, mais les réalisations se font attendre. Ce qu’admet Thierry Steiert, même si tout s’explique.

Le prétendant à la syndicature, en charge de la mobilité, est lui­-même sous le feu des critiques. Il doit notamment assumer tous les effets collatéraux sur la circulation de l’ouverture du Pont de la Poya. «La circulation dans les villes en général est un problème quasi sociologique», estime-t-il. Et il ne doit pas seulement répondre aux mécontents. «Je reçois quantité de bons conseils car tout le monde est un peu spécialiste de la mobilité. Mais ça tient souvent de la science-fiction». Entre ceux qui veulent pouvoir circuler et parquer facilement en ville et les défenseurs de la mobilité douce, ce dossier ne fait que des mécontents. «C’est vrai, je crois que pratiquement personne n’est entièrement d’accord avec
nos mesures. Alors que dans d’autres dossiers, certaines décisions reçoivent des
félicitations, ce n’est que très rarement le cas lorsqu’il s’agit de la mobilité», constate Thierry Steiert, qui regrette une campagne personnelle contre lui. A voir comment la grogne se traduira dans les urnes. Car en 2011, son prédécesseur à ce dicastère, n’avait pas été réélu.

«Une tromperie»

La droite critique également la récente hausse des impôts, décidée pour assurer le
financement de la construction et de la rénovation d’écoles. «C’était une tromperie. A la place, il fallait songer à un vrai programme d’économies», s’exclame le PDC André Schönenweid. Le PLR défend le bilan de sa candidate sortante, Antoinette de Weck, en charge des écoles, mais prévient: «La législature 2006­-2011 a été celle de la culture avec la construction du théâtre. La suivante, celle des écoles et notre conseillère a lancé les investissements qu’il fallait. Il est temps de se préoccuper des milieux économiques. La prochaine législature doit absolument en faire une priorité et renforcer l’attractivité
économique du chef-lieu», estime Vincent Jacquat, président du PLR de la Ville de Fribourg et candidat au législatif.

Le futur conseil communal aura ainsi du pain sur la planche. Incontestablement, l’arrivée de trois nouveaux élus créera une nouvelle dynamique. Et Thierry Steiert, rêve-­t­-il déjà de la syndicature pour relever les défis qui attendent la capitale fribourgeoise? Parfaitement bilingue, il est plus un homme de dossiers qu’un compagnon d’apéros, prêt à serrer toutes les mains qui passent. Réservé, discret, on le sent plus à l’aise au Festival international du Film de Fribourg qu’à l’apéritif du Contingent des grenadiers. «Je suis contre la personnalisation de la politique. Et on peut avoir envie d’être la carte de visite de sa ville sans forcément avoir le profil d’un Brelaz à Lausanne ou encore d’un Tschäppät à Berne», répond le concerné qui assure être prêt à assumer la syndicature si la gauche reste majoritaire. Dans le cas contraire, les regards se tourneront vers Antoinette de Weck.

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