La bataille judiciaire se poursuit dans l'affaire de la caisse de pension de la Ville de Fribourg. Dernier élément en date: le juge d'instruction Olivier Thormann peut continuer de traiter le dossier. Le président de l'Office fribourgeois des juges d'instruction, Jean-Luc Mooser, a en effet rejeté la demande de récusation émise par le syndic Pierre-Alain Clément, ainsi que les trois employés communaux également mis en cause (LT du 30.10.2007).

«Les règles en matière de déroulement de la procédure et d'information du public ont été respectées. On ne saurait par conséquent reprocher au juge Olivier Thormann d'avoir fait preuve de partialité», note Jean-Luc Mooser.

Pour mémoire, Pierre-Alain Clément et les trois fonctionnaires ont été prévenus de faux dans les titres. De 2000 à 2003, ils auraient minimisé l'engagement conditionnel de la Ville en faveur de sa caisse de prévoyance. Par le biais de leurs avocats, les quatre hommes ont demandé la récusation d'Olivier Thormann, lui reprochant en particulier de n'avoir été entendus qu'une seule fois, en qualité de «personnes appelées à fournir des renseignements». En outre, ils estiment que le moment de communiquer était inopportun, coïncidant avec le jour du dépôt des listes pour l'élection au Conseil national. De cette façon, un autre protagoniste de l'affaire, le parlementaire et ancien syndic Dominique de Buman, était mis hors de cause.

Jean-Luc Mooser reconnaît certes que cette information était précipitée, mais estime que son collègue n'avait pas le choix. Il était important de clarifier la situation en vue des élections fédérales, analyse-t-il. Par ailleurs, il était selon lui utile d'auditionner les personnes avant une éventuelle mise en prévention. A partir de là, le magistrat peut poursuivre son enquête, la clore, voire la reprendre si nécessaire. La décision du juge Mooser peut faire l'objet d'un recours au Tribunal fédéral.