fuites

A Fribourg, l’immunité de la conseillère d’Etat Marie Garnier pourrait être levée

Une commission spéciale du Grand Conseil suit une demande du Ministère public dans une affaire de fuites à propos des problèmes de la préfecture de la Sarine

La demande de levée d’immunité de la conseillère d’Etat fribourgeoise Marie Garnier pour des fuites dans les médias pourrait bien être acceptée. La commission spéciale du Grand Conseil a émis un préavis positif à cette requête du Ministère public du canton de Fribourg.

Le bureau du Grand Conseil avait nommé à la mi-septembre cette commission spéciale qui a entendu lundi Marie Garnier, après avoir auditionné le procureur général Fabien Gasser il y a deux semaines. Sans juger le fond de l’affaire, qui ne relève pas de sa compétence, la commission spéciale a proposé au Grand Conseil d’autoriser cette levée d’immunité, selon un communiqué reçu lundi soir.

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Un rapport en ce sens sera encore transmis au plénum. La commission spéciale compte onze députés. Elle est présidée par Nicolas Bürgisser (PLR). En sont membres Benjamin Gasser (PS), Andréa Wassmer (PS), Pierre Mauron (PS), Hubert Dafflon (PDC), Bertrand Morel (PDC), Susanne Aebischer (PDC), Nicolas Galley (UDC), Nicolas Kolly (UDC), René Kolly (PLR) et Sylvie Bonvin-Sansonnens (Verts).

Une violation du secret

L’affaire fait suite à des articles et reportages diffusés à partir du mois de mars dans la presse et à la radio, au sujet de problèmes au sein de la préfecture de la Sarine. Dans ce contexte, quelqu’un a transmis aux médias des informations internes, voire confidentielles. Puis, Marie Garnier (Verts) a transmis aux Freiburger Nachrichten un audit confidentiel non «anonymisé«. Elle voulait ainsi rétablir les faits au sujet d’une employée injustement attaquée.

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En août, le procureur général fribourgeois Fabien Gasser a requis la levée de l’immunité de la conseillère d’Etat. Il veut l’interroger avant de déterminer s’il y a lieu ou non de la condamner pour violation du secret de fonction.

Le procureur tient à aller vite dans cette procédure, compte tenu du contexte politique sensible, avait-il précisé. Dans l’idéal, il souhaiterait que cette affaire soit liquidée à la fin de cette année, ou du moins qu’elle soit bien avancée d’ici là.

Préfectures en question

Depuis l’éclatement de cette affaire, Marie Garnier a été dessaisie du dossier de la préfecture de la Sarine. C’est le président du Conseil d’Etat, Maurice Ropraz, qui a pris la main sur l’engagement du personnel et la communication.

Toute cette histoire s’inscrit aussi dans le contexte des difficultés que connaissent plusieurs préfectures fribourgeoises. Elles souffrent notamment d’un manque de personnel pour faire face à la lourdeur de leurs tâches.

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