Election complémentaire

A Fribourg, l’UDC rêve de revanche

Le parti agrarien lance son président cantonal, Ruedi Schläfli, dans la bataille pour la succession de Marie Garnier, qui s’annonce acharnée

Le siège de la conseillère d’Etat démissionnaire Marie Garnier aiguise les appétits à Fribourg. Mercredi matin, c’était au tour de l’UDC fribourgeoise de lancer un candidat dans la course à l’élection complémentaire du dimanche 4 mars, en la personne de son président cantonal Ruedi Schläfli. L’agriculteur de Posieux (43 ans) veut imposer «une vision pragmatique et constructive».

Parfait bilingue, il profitera également de son réseau hérité de dix ans passés comme directeur technique de l’Association romande de lutte suisse, mandat qu’il a remis après le succès populaire de la Fête fédérale d’Estavayer-le-Lac.

Quatrième candidature

Le parti agrarien brûle de retrouver son siège au gouvernement après une absence de vingt ans. Il ressent surtout un désir de revanche après les élections générales de novembre 2016. L’UDC garde la désagréable sensation d’en avoir été le dindon de la farce. Après avoir apporté ses voix pour faire élire ses alliés PDC et PLR au premier tour, son propre candidat, Stéphane Peiry, était en effet resté sur le carreau au second.

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Alors que la date butoir pour le dépôt des listes est fixée au 22 janvier, Ruedi Schläfli est déjà le quatrième candidat annoncé pour la complémentaire, après la cheffe du groupe des Verts au Grand Conseil Sylvie Bonvin-Sansonnens, la conseillère nationale socialiste Valérie Piller Carrard, ainsi que le député et ancien président du PLR Didier Castella. Sans oublier que le PBD devrait prochainement présenter une candidature.

Duels fratricides

La configuration promet une élection très serrée, voire acharnée, avec deux duels fratricides tant à droite qu’à gauche. Les écologistes goûtent que modérément aux velléités de l’allié socialiste à l’encontre de leur siège gouvernemental, l’un des trois seuls qu’ils disposent en Suisse romande. Pour les Verts, l’enjeu est national.

La convoitise des partis s’enflamme face à la perspective de reprendre ce fameux septième siège fribourgeois flottant, qu’aucun camp n’arrive à conserver et qui fut longtemps occupé par l’indépendant Pascal Corminboeuf, avant l’écologiste Marie Garnier.

Ecartant toute possibilité d’un jeu d’alliances, chaque parti va donc jouer sa propre carte dans ce qui pourrait tourner à la foire d’empoigne, à laquelle les ténors de la politique fribourgeoise tels Jacques Bourgeois ou Christian Levrat se sont bien gardés de participer. Avec une question centrale, celle de l’attitude de l’important électorat PDC, qui lui n’entend pas revendiquer un quatrième siège. Et une certitude: à la fin, il n’en restera qu’un.

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