Fribourg pourrait bloquer la venue d’imams radicaux

Religion Une conférence en sursis

Le Conseil central islamique suisse (CCIS), présidé par Nicolas Blancho, tenant d’un islam rigoriste, a sélectionné une date et une liste d’invités pour sa conférence annuelle. Sur Internet, il annonce l’événement comme «le début d’une révolution». Or, la manifestation prévue le 29 novembre à Fribourg pourrait bien être annulée.

La police cantonale fribourgeoise, conjointement avec le Service de renseignement de la confédération (SRC), examine en ce moment la liste d’invités et le programme de la manifestation avec une attention particulière.

Pas certain que les autorisations soient délivrées. Comme Le Temps s’en faisait l’écho jeudi, parmi les orateurs annoncés figurent deux prédicateurs musulmans radicaux, suspectés dans leur pays de soutenir l’organisation terroriste Etat islamique: l’imam de la mosquée de Mitrovica, Enis Rama, et celui de la mosquée Al-Nur, à Berlin, Abdul Adhim Kamouss.

«Des éléments me poussent à une attention plus particulière à l’égard de cette manifestation», se contente de souligner le préfet de la Sarine, Carl-Alex Ridoré, qui ajoute: «Si la manifestation était autorisée, ce serait sous certaines conditions», au premier rang desquelles «le respect de l’ordre juridique suisse». Autre possibilité: la conférence pourrait être autorisée, mais certains invités interdits d’entrée sur le territoire suisse, comme ce fut le cas par le passé.

En 2012, sur le signalement du préfet de la Sarine, un prédicateur saoudien, également convié par le CCIS pour sa conférence annuelle à Granges-Paccot, se voyait refuser l’arrivée sur le territoire suisse par l’Office fédéral des migrations (ODM). Muhammad al-Arifi avait tenu dans son pays des propos haineux, notamment à l’égard des femmes.

L’ODM peut prononcer une interdiction d’entrée à l’encontre d’un étranger dont la présence en Suisse lors d’un événement particulier serait jugée comme «une menace pour la sécurité et l’ordre publics», indique l’office. «Pour des raisons de protection des données», les autorités ne délivrent aucune information sur ce cas particulier.