L'essentiel

Aux élections cantonales de ce dimanche, la gauche décroche de bonnes places pour ses candidats, le PLR s'en tire bien, Le Centre est fortement affaibli.

Pour le Conseil d'Etat, il y a ballottage général. Les sept premiers rangs sont occupés par Jean-François Steiert (PS), Sylvie Bonvin-Sansonnens (Vert·e·s), Didier Castella (PLR), Valérie Piller Carrard (PS), Olivier Curty (Centre), Alizée Rey (PS) et Romain Collaud (PLR).

Concernant les préfectures, les trois sièges ouverts au vote n'ont pas été attribués faute de majorités absolues. Il y aura sans doute trois seconds tours. Une femme est bien partie pour devenir la première préfète, le 28 novembre.

Retrouvez nos articles:

La gauche fribourgeoise prend une position de force

Sylvie Bonvin-Sansonnens: «La solution gagnante pour la gauche, c’est l’union»


■ Pour conclure, deux recettes de la cuchaule

On a beaucoup entendu parler de cuchaule cet après-midi politique. Cette spécialité fribourgeoise a été citée à plusieurs reprises par des responsables de partis – ils en distribuent en campagne, avec les tracts, surtout le matin.

On peut dès lors regarder la recette sur le site de Terroir Fribourg, ou celle de la cuchaule AOP (évidemment très stricte).

Les partis pourraient aussi distribuer des macarons, puisque l'on a appris ce dimanche que Ladurée les produit désormais uniquement en Gruyère. Mais c'est plus cher.

Ce suivi en continu s'arrête ici, merci d'avoir été des nôtres!


■ Le Centre va-t-il attaquer l'UDC dans la future alliance?

Débat subtil durant l’Elephantenrund des présidents de partis, sur Radio Fribourg et La Télé. Sans surprise, le président du PLR met en avant sa formule pour le second tour, 2-2-1 (2 Centristes, 2 PLR, 1 UDC, lire plus bas).

Interrogé à ce sujet, le président du Centre Damiano Lepori lance d’abord qu’«il faut garder la tête froide. Je suis convaincu que nous parviendrons à un accord avec nos partenaires, qui correspondra à la composition du Grand Conseil, qui reste très fortement de centre-droit.» Il glisse toutefois une autre piste, le 3-2, soit les Centristes toujours en légère force mais pas d’UDC, ou alors un 3-2-1.


■ Les noms des élues et élus au parlement sont connus

Elle se paie le luxe d'avoir de l'avance sur ses propres annonces. La Chancellerie publie les élues et élus par districts, c'est ici.


■ Les forces des partis au Grand Conseil

Puisque les comptages se déroulent à grande vitesse ou presque (lire ci-dessous), l'Etat publie déjà les résultats globaux des partis au Grand Conseil.


■ Une commune va recompter

Les autorités de Courtepin ont découvert un problème en bouclant leur rapport final. Elles vont recompter, mais cela ne changera pas les scores.

Au reste, la Chancellerie indique que le décompte du Grand Conseil avance plus vite que prévu. Les résultats complet pourraient tomber vers 19h.


■ Quatre tranches de dimanche à Miséricorde

La foule se presse dans le quartier général – et œcuménique, de tous les partis – de ce dimanche électoral. Quelques instantanés de notre photographe.


■ Olivier Curty, le mieux élu (des germanophones)

Le conseiller d'Etat Olivier Curty l'assure, il est satisfait de son 5e rang: «Je suis très content de mon score, je termine premier des candidats germanophones», affirme-t-il.

Le ministre de l'Economie est clairement le candidat du Centre qui s'en sort le mieux. Comment explique-t-il les mauvais résultats de ses deux colistiers Jean-Pierre Siggen et Luana Menoud-Baldi? Il minimise: «La gauche est partie unie au premier tour, cela montre que les alliances fonctionnent.» Est-ce dire que pour le 28 novembre, la droite devrait partir avec deux candidats du Centre, deux PLR et un UDC? Olivier Curty se montre très prudent: «On verra, mais je trouverais dommage que l'on ne représente pas la seule femme de droite candidate.»


■ Les résultats des préfectures

Les trois élections de préfectures qui étaient ouvertes (sans réélection tacite), demeurent ouvertes.

Dans la Sarine, Lise-Marie Graden, présentée par la gauche, rate de peu la majorité absolue – et de devenir la première préfète du canton. Elle se dit «très motivée, je veux être élue à la préfecture, et je veux devenir la première préfète», lance-t-elle sur La Télé.

En Gruyère, le PLR Olivier Bosson devrait aussi se lancer dans une deuxième campagne.

Pour celle du Lac, le PLR aussi Christoph Wieland rate de vraiment peu le passage au premier tour.


■ Déception à l'UDC

Du côté de l'UDC, c'est la déception. Le premier des quatre candidats n'est que 11e, c'est Philippe Demierre. «J'espérais une place dans les 10 premiers. On a vu que la liste unie de la gauche a vraiment bien fonctionné», confie Gilberte Schär qui, elle, ne termine que 14e.

L'ancienne secrétaire générale de l'UDC Vaud insiste sur le fait que des discussions vont avoir cours au sein du parti pour le 2e tour. Mais elle estime peu probable que son parti se retire de la course.


■ Valérie Piller Carrard ne plaide pas pour viser la majorité

Valérie Piller Carrard termine quatrième et est très satisfaite de son résultat et celui de toute la gauche: «Notre alliance a très bien fonctionné. On s'est renforcé collectivement. Je suis aussi très heureuse des résultats des femmes», affirme la conseillère nationale socialiste.

Après ce très bon score de la gauche au premier tour, doit-elle revendiquer la majorité? A titre personnel, Valérie Piller Carrard n'y est pas favorable. «On a toujours dit que notre objectif était de récupérer notre troisième siège perdu en 2018. Pour le deuxième tour, tout repart à zéro et je pense qu'il vaut mieux partir avec trois candidats de gauche et non quatre.»

La socialiste considère que cette percée de la gauche illustre un canton en plein changement. «Les Fribourgeois sont moins conservateurs, plus progressistes et sensibles à l'égalité hommes-femmes, ce qui explique aussi le mauvais résultat du Centre».


■ Le PLR appelle à une alliance de la droite (et à un sacrifice du Centre)

«Heureux» du bon résultat résultat de ses deux candidats, le président du PLR fribourgeois, Sébastien Dorthe, appelle à une grande alliance de la droite pour le second tour afin de maintenir la majorité au gouvernement. Pour lui, la stratégie d’un ticket avec deux PLR, deux représentants du Centre et un UDC est la plus crédible. Une telle option nécessiterait néanmoins que le Centre renonce à son troisième siège.


■ Les résultats définitifs tombent

Les 19 communes ont rendu leurs bilans. Avec sa liste groupée, la gauche a réalisé une belle opération en plaçant l'écologiste Sylvie Bonvin-Sansonnens après le sortant PS peu inquiet Jean-François Steiert. La gauche occupe ainsi les deux premières places. Le PLR Didier Castella arrive en 3e position.

Voici les résultats des principaux candidats, jusqu'à 4000 voix ou plus. La majorité absolue est de 39 078 voix.

  • Jean-François Steiert (PS): 32 832.
  • Sylvie Bonvin-Sansonnens (Vert·e·s): 30 833.
  • Didier Castella (PLR): 30 623.
  • Valérie Piller Carrard (PS): 30 142.
  • Olivier Curty (Centre): 26 341
  • Alizée Rey (PS): 25 354.
  • Romain Collaud (PLR): 24 960.
  • Sophie Tritten (PS): 24 403.
  • Jean-Pierre Siggen (Centre): 22 712.
  • Luana Menoud-Baldi (Centre): 17 044.
  • Philippe Demierre (UDC): 14 084.
  • Adrian Brügger (UDC): 13 833.
  • David Papaux (UDC): 12 899.
  • Gilberte Schär (UDC): 12 220.
  • Irene Bernhard (PVL): 5743.
  • Loris Grandjean (PVL): 4 712.

■ Le PLR partira à deux candidats

Les présidents des partis de droite se montrent d'une prudence de Sioux quand les médias leur demandent leur stratégie pour le deuxième tour.

Sur le plateau de La Télé, Didier Castella ne s'embarrasse cependant pas de nuance: «Le PLR partira à deux.» C'est le postulat, et les alliances se discuteront ensuite, laisse-t-il entendre, conforté par son résultat et le bon score de Romain Collaud.


■ L'UDC veut nuancer ses mauvais chiffres

L'UDC a opté pour une stratégie originale, déjà pratiquée en Valais: lancer une poignée de candidats et voir ce que cela donne. En l'espère, quatre postulants alors que le parti n'a aucun représentant au gouvernement.

Au final, les UDC sont très loin dans le classement. Au micro de La Télé, le président du parti Stéphane Peiry analyse: «Je ne dirais pas que c’est une claque. Le peloton des cinq sortants a été explosé par la gauche qui a fait liste commune. Nous voulions que nos trois candidats soient bien placés, ils le sont, même si c’est plus bas que prévu.»


■ Georges Godel «abasourdi»

A La Liberté, Georges Godel, le sortant du Centre, commente de manière assez vive le mauvais score de son collègue Jean-Pierre Siggen, qui vient encore de perdre une place, arrivant à la 9e: «Je suis assez abasourdi par le résultat de Jean-Pierre Siggen. Il a pourtant fait un excellent travail. Peut-être n‘a-t-il pas été assez sur le terrain?»


■ Didier Castella remonte

Ca tient de la course automobile. Le sortant PLR remonte au moment où tombent les résultats complets de 127 communes, il n'en reste plus que deux. Didier Castella prend la deuxième place, devant Sylvie Bonvin-Sansonnens.


■ Poussée de la gauche

Jean-François Steiert et l'écologiste Sylvie Bonvin-Sansonnens passent devant celui qui a été jusqu'ici le roi du jour, le PLR Didier Castella. Nous en sommes à 123 communes, il reste quelques communes modestes hormis Marly.

En image: Elias Moussa, député socialiste. Il suit les résultats aux Arcades, le stamm du PS.


■ Le premier ballottage de ce dimanche: pour le Lac

La préfecture du Lac n'aura pas ce soir le nom de son préfet. Le premier ballottage du jour, avant le probable flou concernant le gouvernement, vient de la préfecture du Lac. Christophe Wieland affiche 4279 voix, et la majorité absolue se situe à 4315 voix. 


■ Jean-Pierre Siggen: l'absence de liste commune de droite lui coûte

Le sortant du Centre, qui devrait faire un score assez mauvais alors qu'il dominait les débats en 2016, vient de s'exprimer sur Radio Fribourg: «Il y a cinq ans nous avions une liste commune, cela fait une grande différence. Cet effet, de la liste commune, ne se ressent pas ce dimanche. Mais je reste confiant.»

Il y a cinq ans, PDC, PLR et UDc avaient fait ticket commun qui, in fine, avait profité aux deux premiers partis, l'UDC échouant à revenir au gouvernement.


■ Une femme préfète, c'est probable

La candidate de la gauche Lise-Marie Graden est en bonne place dans l'élection à la préfecture de la Sarine. Ce serait une première.

Mise à jour à 16h: la postulante n'est pas élue, manquant de peu la majorité absolue. Elle est clairement donnée comme favorite.


■ L'humeur rieuse du PLR

Les jeux ne sont pas faits mais le sourire est déjà autorisé. Romain Collaud analyse les chiffres qui tombent. Il s'est fait passer devant par le sortant Olivier Curty mais affiche néanmoins un bon score.


■ 103 communes

Nous passons le seuil des 100 communes, à 103 sur 129. Les deux sortants Didier Castella et Jean-François Steiert prennent un peu le large.

Les troisième et quatrième places font l'objet d'une amusante compétition entre les PS et Verte Valérie Piller Carrard et Sylvie Bonvin-Sansonnens, qui volent la troisième place en alternance.


■ Ce dimanche pourrait sourire au PLR

Romain Collaud, le nouveau et colistier de Didier Castella, arrive en 5e position en ce moment, devant les centristes.


■ Une participation modeste

Nous en sommes à 84 communes, bien plus que la moitié. L'abondance de participants à la course ne garantit pas le nombre de joueurs. La participation est à ce stade de 36%.

Dans le top cinq, le ticket de gauche se place bien, avec Sylvie Bonvin-Sansonnens et Valérie Piller Carrard en positions 3 et 4.


■ Un mauvais dimanche, encore, pour Le Centre (PDC)?

Sur place, nos observateurs relèvent très vite que sur la base des communes qui ont dépouillé, un chiffre saute aux yeux: la 8e place de Jean-Pierre Siggen. Le sortant du Centre, ex-PDC, avait été le mieux élu aux précédentes élections: le contrastes est fort...

Rappelons que Le Centre a trois sièges, et qu'après quatorze ans au gouvernement, Georges Godel se retire.


■ Miséricorde pour les politiques (et les journalistes)

A Fribourg comme à Genève, c'est un grand bâtiment universitaire qui sert de cœur politique et médiatique des élections – ici, le hall de Miséricorde, le pôle des sciences humaines.


■ Didier Castella et Jean-François Steiert seront les stars du jour

Les deux sortants PLR et socialistes sont bien partis pour dominer les jeux. Nous en sommes déjà à 39 communes qui ont dépouillé les bulletins.


■ Un instantané de campagne

Jolie image de campagne de Jean-Christophe Bott, pour l'agence Keystone, le 26 octobre à La Tour-de-Trême.


■ Didier Castella domine (sur trois communes...)

Pour l'heure, le PLR sortant Didier Castella est le plus plébiscité des candidats, avec 12% des suffrages. Bon, on parle de trois communes.


■ Tout est en place... en ligne

Le canton ouvre ses pages dédiées aux résultats, dont l'ergonomie paraît plutôt réussie. C'est ici (pour le gouvernement, on sélectionne à gauche).


■ Des nombres records de candidates et candidats

Qui a dit désintérêt pour la politique? Ces élections fribourgeoises sont marquées par un nombre assez vertigineux de postulantes et postulants.

Voici la synthèse du canton.

Pour le Conseil d'Etat

19 candidats et candidates (inscrits sur 9 listes) sont en lice pour décrocher l’un des sept sièges du Conseil d’Etat. C’est plus qu’en 2016 (14 candidats) et en 2011 (12 candidats). La représentation féminine correspond à plus de 47% (9 candidates), contre 43% (six candidates) en 2016 et 25% en 2011 (trois candidates).

Pour le Grand Conseil

Au total, 664 candidats et candidates sont en lice pour décrocher l’un des 110 sièges du Grand Conseil. C’est plus qu’en 2016 (616 candidats) et en 2011 (618 candidats). A noter que le nombre de candidates augmente également, puisqu’elles seront cette année 238 (près de 36%), soit plus qu’en 2016 (200) et en 2011 (201 candidates).


■ Pour l'exécutif, on ne s'agite pas au premier tour

Dans la dernière ligne droite, La Liberté (article payant) a jugé cette campagne «un peu terne»: «Rien à voir non plus avec 2016, quand PDC, PLR et UDC gonflaient les muscles et partaient au combat unis pour rafler rien de moins que cinq sièges sur sept. Ou encore avec 2018, quand la gauche se déchirait après le départ houleux de la verte Marie Garnier en cours de législature.»

Selon nos collègues, il y a une bonne raison à cette torpeur automnale: tout le monde s'économise pour le second tour. Avec 19 (!) postulants, la course du premier tour laisse penser que personne ne passera sa tête tout de suite, même parmi les sortants.

Partant, les batailles politiques majeures auront lieu entre les deux tours, en particulier à droite, où les choix des trois formations (Le Centre, PLR et UDC) seront difficiles.


■ C'est la bousculade pour le gouvernement

L'enjeu est d'une grande envergure concernant l’exécutif cantonal. Trois sortants ne se représentent pas, ce qui est assez rare dans les élections cantonales.

Le regards vont d'abord suivre Le Centre, ex-PDC. Ce parti historiquement fort dans le canton n’est pas du tout certain de pouvoir conserver ses trois conseillers d’Etat. Après quatorze ans au gouvernement, Georges Godel, l’homme fort du collège, se retire. Son siège est très convoité. Pour le sauver, les centristes ont lancé dans la course une inconnue de la scène politique cantonale, Luana Menoud-Baldi.

Le PS joue gros, lui aussi. Après le renoncement de Christian Levrat, les socialistes ont décidé de lancer deux femmes pour conserver un deuxième siège aux côtés de Jean-François Steiert: la conseillère nationale Valérie Piller Carrard et la présidente du parti cantonal Alizée Rey. En 2018, Valérie Piller Carrard avait échoué dans la course au gouvernement. 

Deux formations piaffent pour revenir au sein du collège: les Vert·e·s et l'UDC. Les écologistes espèrent récupérer leur siège perdu il y a trois ans, à la suite de la démission de Marie Garnier. Depuis le retrait de Raphaël Rimaz en 1996, l'UDC, elle, n’a plus jamais eu d’élu au gouvernement.

Le nombre de candidats étant élevé, il paraît évident aux yeux des observateurs qu'il y aura ballottage général ce dimanche soir.

■ Un Grand Conseil qui virerait un peu au vert?

Au Grand Conseil, comme dans les autres cantons, le mouvement le plus scruté sera l'éventuelle poussée des écologistes – ou non.

■ Les préfets, figures majeures

A Fribourg plus qu'ailleurs, les préfets ont une place importante dans la vie institutionnelle. Trois sièges sont en lice ce dimanche.

Lire notre synthèse des défis de ce dimanche politique.


■ Cette année, il y a eu le Valais et Neuchâtel

Fribourg est le troisième canton romand cette année à renouveler ses corps politiques.

En Valais le 28 mars, le fait notable a été la fin de la majorité absolue du PDC au gouvernement cantonal, vieille de plus de 170 ans. Retrouvez notre suivi et notre article: Le printemps politique valaisan.

A Neuchâtel en mai, le PLR a gagné un siège grâce à Crystel Graf, qui a offert la majorité de droite au gouvernement. A ce propos: Neuchâtel: l’effet femme touche aussi la droite