Confronté à une expertise de son service qui conclut à des erreurs de planification et à des déficiences de communication interne, François Guex, archéologue cantonal, a choisi de quitter ses fonctions de chef du Service archéologique au 31 mars. Rendue publique dans un bref communiqué, la décision a été annoncée, mercredi matin, à la soixantaine de collaborateurs du service par Augustin Macheret, chef de la Direction de l'instruction publique et des affaires culturelles.

Ce départ a été discuté et négocié avec la Direction de l'instruction publique qui ne désire pas s'étendre sur les détails du litige qui opposait François Guex à plusieurs de ses collaborateurs. Une analyse du fonctionnement de son service, confiée à une entreprise de relations publiques du Valais, était menée depuis août 2000. Rendue en janvier, elle fait état de «dysfonctionnements», dont la faible gravité ne nécessite pas l'ouverture d'une procédure administrative selon les autorités cantonales. Les qualités scientifiques du haut fonctionnaire ne sont pas contestées, contrairement à ses méthodes de gestion.

«Je me sens libre, sans amertume et sans état d'âme, mais soyez sûr que je n'ai pas piqué dans la caisse à café», assure François Guex, 49 ans, tenu à la discrétion sur la nature exacte des griefs avancés contre sa manière de gérer un service doté d'un budget de 9 millions de francs par an, dont 4 millions dépendent directement du canton.

Son départ «à l'amiable» est partiel et provisoire. François Guex perd en effet ses fonctions de responsable, mais pas son emploi au sein du service archéologique. Dans un premier temps, le Zurichois, spécialiste du Moyen Age, prendra une année sabbatique non payée. Au terme de la restructuration à mettre en place par son successeur, un emploi à plein temps lui sera garanti en tant qu'archéologue chargé de publications sur les découvertes déjà faites sur sol fribourgeois.

Engagé en 1988 comme archéologue cantonal, François Guex avait déjà dû faire face, au début des années 1990, à des critiques sur la marche de son service. Un audit demandé par le gouvernement avait débouché sur des décisions de réorganisation qui n'ont pas toutes été suivies d'effets. La prochaine mise au concours du poste exigera du titulaire des aptitudes à «conduire du personnel» et de «l'expérience dans un poste à responsabilités».