Alors que partout en Suisse les villes multiplient leurs plans climat et chassent les voitures de leur centre, Fribourg devra voter le 13 juin sur une baisse des taxes de parking. Intitulée «L’automobiliste n’est pas un pigeon, c’est un voyageur», l’initiative veut plafonner le coût du stationnement des voitures à 1 franc au maximum dans le chef-lieu. Derrière elle se trouve Claudio Rugo, musicien, siégeant au parlement communal depuis 2016 sous la bannière du Parti des artistes et se présentant lui-même comme «le trublion du Conseil général». Le texte n’est soutenu par aucun autre parti, mais il est populaire auprès des commerçants et cafetiers-restaurateurs.

«Je ne suis pas un anti-écolo, j’ai participé aux marches pour le climat: je suis un pragmatique», se définit le Fribourgeois de 54 ans. «Il est bien sûr préférable de privilégier les transports publics, le vélo ou la marche, comme je le fais moi-même. Mais parfois, on doit prendre la voiture. Aujourd’hui, les habitants du centre préfèrent se rendre à Avry, Marly ou Granges-Paccot où les parkings des grands magasins sont gratuits, ils délaissent les commerces de la ville, qui se meurent.» Selon lui, le prix du stationnement a un impact énorme sur les habitudes des consommateurs. «Au Locle ou à La Chaux-de-Fonds, il n’y a pas d’horodateur. A Montreux, comme à Bulle, le tarif est de 1 franc de l’heure. Fribourg se prend pour une grande capitale en voulant, comme Lausanne et Genève, élever ses prix. Payer 2 francs pour 45 minutes de stationnement à la place Python, c’est non», soutient-il.