Le verdict est sans surprise. Et sans appel. Après les Vaudois mardi, l'UDC fribourgeoise a également décidé de bannir la section grisonne. Réuni mercredi soir, le comité central (54 membres) a prononcé l'exclusion par 34 voix contre 19. La présidente du parti cantonal, Gilberte Demont, n'a pas voté. Auparavant, le l'UDC fribourgeoise avait décidé de demander l'expulsion d'Eveline Widmer-Schlumpf par 49 voix contre 3.

Les débats ont eu lieu à huis clos. Une fois les dés jetés, Gilberte Demont, toute seule, est venue les commenter à la presse. L'UDC fribourgeoise recensant environ 2500 membres, on peut s'étonner que ce n'est pas à travers une assemblée des délégués, mais par le biais de son comité central que la formation a pris cette grave décision.

La présidente n'y voit toutefois aucune entorse à la démocratie: «Le comité central est représentatif de toutes les régions et de tous les courants au sein de notre parti. Et l'UDC n'a pas l'habitude de laver son linge sale en public; elle préfère faire cela en famille», note-t-elle.

Et de raconter le déroulement de la soirée. Gilberte Demont, à l'en croire, a sereinement explicité les enjeux et le contexte de la rencontre.

Puis le conseiller national Jean-François Rime a précisé la position de l'UDC suisse. «Chacun a ensuite pu s'exprimer. Une majorité de nos membres sont ainsi d'avis qu'Eveline Widmer-Schlumpf aurait dû démissionner du parti. J'insiste: du parti, pas du Conseil fédéral, au sein duquel elle a été élue démocratiquement.» Mais comme elle ne l'a pas fait, l'UDC grisonne paie les pots cassés pour elle.