Emmenées par la Ville de Zoug, les communes zougoises montent aux barricades. Elles ne veulent plus participer à la somme élevée que le canton reverse dans le pot de la péréquation financière fédérale. Deuxième contributeur net derrière Zurich, Zoug doit pour 2009 payer 194 millions, dont 34 millions à la charge des communes. La loi entrée en vigueur au début de cette année, qui redéfinit les tâches entre le canton et ses onze communes, avait déjà fait l'objet de marchandages serrés devant le parlement cantonal. Elle avait été notamment combattue par le député radical Hans Christen, en sa qualité de municipal des Finances du chef-lieu. «Pourquoi les communes devraient-elles participer, elles n'ont rien reçu de l'or de la Banque nationale», déclarait-il.

Hans Christen revient à la charge, et a réussi cette fois à rallier toutes les autres communes sauf une. Dans une action commune présentée mercredi aux médias, les communes demandent une révision de la loi. Les finances du canton sont absolument saines, argumentent les représentants des communes. La preuve: une nouvelle réduction d'impôts est prévue pour 2011. Les communes en revanche ont grandement besoin de ces 34 millions de francs.

Le chef-lieu remonte ses impôts

La Ville de Zoug en particulier estime qu'elle paie un prix trop élevé en raison des charges qui reviennent à un centre. Mardi soir, Hans Christen a en effet dû annoncer au parlement de sa Ville qu'une hausse des impôts serait inévitable l'année prochaine.

La situation ne manque pas de piquant, le chef-lieu se retrouvant chez lui dans la situation d'un canton centre comme Zurich, qui se plaint régulièrement des charges qu'il doit assumer pour ses voisins comme Zoug ou Schwyz.

Le directeur cantonal des Finances, le PDC Peter Hegglin, n'apprécie pas. «Dix mois après l'introduction de la loi, c'est un peu tôt pour déjà revenir sur les mécanismes de répartition entre communes et canton», a-t-il déclaré à l'ATS. Il se dit toutefois prêt à discuter plus tard de la question.