Berne reste le théâtre de l’opposition la plus spectaculaire à l’UDC. De violentes échauffourées avaient embrasé la capitale fédérale en octobre 2007, privant le cortège public du parti agrarien de sa marche sur la place Fédérale. Mais c’est en Suisse romande que les rassemblements privés de l’UDC et les apparitions de sa figure de proue Christoph Blocher ont jusqu’à présent déclenché les foudres. «En Suisse alémanique, il n’y a pas eu de problème de ce type ces vingt dernières années», selon Kevin Grangier, porte-parole romand de l’UDC. En 2002, des membres du groupe Bélier s’en étaient pris par jets d’œufs au groupe parlementaire en session à Saignelégier (JU). Début 2005, l’assemblée des délégués de l’UDC à La Chaux-de-Fonds (NE) avait été chahutée, et la même année, le conseiller fédéral Christoph Blocher avait été conspué au Marché-Concours de Saignelégier par des manifestants d’extrême gauche. L’année suivante, son parti avait dû renoncer à se rassembler à Bassecourt (JU) suite à la volte-face des autorités locales, échaudées par l’ampleur des mesures de sécurité. Enfin, en septembre 2007, la venue du conseiller fédéral au Comptoir suisse de Lausanne avait donné lieu à une manifestation qui avait dégénéré et s’était conclue par l’interpellation d’une douzaine de casseurs.