On prend presque les mêmes et on recommence. Un an après le lancement de la campagne contre les quatre décrets fiscaux rejetés par le peuple vaudois le 17 avril dernier, le comité contre les 17 millions de francs de report de charges du canton sur les communes a présenté ses arguments pour obtenir les 12 000 signatures nécessaires.

Lancée par les deux associations de communes, l'Union des communes vaudoises (UCV) et l'Association de communes vaudoises (AdCV), la fronde contre le décret du Conseil d'Etatest largement soutenue par les référendaires du 17 avril: la Fédération patronale, la Chambre immobilière et le Parti libéral vaudois.

Les opposants à l'augmentation de la participation communale aux coûts des transports régionaux placent d'ailleurs leur combat dans la droite ligne du scrutin du 17 avril: «Au printemps, le peuple a clairement fermé la porte à toute hausse d'impôt, analyse le député libéral Philippe Leuba. Ce n'est pas pour la laisser entrer par la fenêtre aujourd'hui.»

Hausse fiscale inévitable

Pour les référendaires, les conséquences du décret sont claires: de nombreuses communes devront augmenter leur fiscalité pour assumer le report étatique.

Et peu importe si ces 17 millions ne sont qu'une paille parmi les milliards qui transitent entre le canton et les communes chaque année: «Les localités ont déjà dû faire face à une très forte augmentation de leur participation aux charges sociales ces dernières années, assure Ernest Cardis, syndic de Saint-Légier et membre du comité référendaire. Elles ont réduit au maximum leurs dépenses pour y faire face. Ces 17 millions se traduiront forcément par une hausse d'impôt. Ce n'est d'ailleurs pas aux communes à faire les économies dont l'Etat est incapable.»

Le comité référendaire peut compter sur le soutien d'une centaine de communes. Un nombre qui devrait croître ces prochains jours après la trêve des fêtes, selon les opposants.

Les radicaux

à nouveau divisés

Si les milieux économiques et les libéraux sont unanimes à soutenir le référendum, la gauche devrait quant à elle le combattre. Au Grand Conseil, les députés du POP et du PS étaient d'ailleurs favorables à un second report de charge de 11 millions supplémentaires.

Entre les deux, le Parti radical reste très discret. Comme lors du scrutin du printemps 2005, la question divise douloureusement les membres du PRD. Entre son conseiller d'Etat Pascal Broulis et ses myriades de syndics, le parti peine à se situer. Et les efforts confus de médiation tentés par son président, Claude-André Fardel, au moment du vote au parlement n'ont pas apaisé le débat.

Le comité référendaire peut toutefois compter sur le député radical Olivier Feller, déjà pourfendeur des décrets d'avril 2005. Et sur les jeunes radicaux, dont le président, Pierre-Antoine Hildbrand, égratigne au passage l'incertitude du PRD: «On ne peut pas faire une campagne pour les communales avec pour slogan d'éviter la surcharge fiscale, et défendre en même temps ce nouveau report de charges sur les communes.»

S. R.

DR