La situation ne s’est pas débloquée samedi à propos de la succession de Pascal Couchepin. Fulvio Pelli a confirmé devant les délégués, réunis à Berne, qu’il souhaitait rester président du parti jusqu’en 2011 et n’avait pas l’intention de se porter candidat. Et personne n’est encore sorti du bois. Mais ça va changer ces prochains jours. Le Parti radical vaudois se réunit la semaine prochaine. Il devra probablement choisir de lancer Pascal Broulis, Isabelle Moret ou Olivier Français dans la course. Une décision du Neuchâtelois Didier Burkhalter est attendue pour la fin de la semaine. A Genève, la situation s’est clarifiée chez les radicaux, qui ne présenteront aucun candidat, mais elle reste floue chez les libéraux. Martine Brunschwig Graf a visiblement le soutien du parti, mais Christian Lüscher conserve l’espoir de déposer sa candidature. Du côté du Jura bernois, le maire de Moutier a lâché le nom de Mario Annoni, qui n’est pas montré intéressé jusqu’à maintenant. Le point de la situation avec le président du parti, Fulvio Pelli, que son parti cantonal pousse à se lancer.

Le Temps: Lorsque Pascal Couchepin a annoncé sa démission, vous aviez prédit l’existence d’un vivier très riche en candidats potentiels. Deux semaines plus tard, personne n’est sorti du bois. Où est donc ce vivier?

Fulvio Pelli: Nous avons donné un délai jusqu’au 10 août pour présenter des candidatures. Chacun profite de ce délai pour bien réfléchir. C’est tout à fait normal. Vous savez très bien qu’il y a plusieurs personnes qui réfléchissent à Genève et dans le canton de Vaud, vous savez qu’au Tessin on me pousse et vous savez qu’il se passe aussi quelque chose à Neuchâtel. Il faut un peu de patience.

- Mais on a l’impression que le parti est en train de jouer une pièce qui pourrait s’appeler «En attendant Fulvio». Chacun attend de savoir ce que vous allez faire vous-même avant de se découvrir.

- La pièce de Beckett, «En attendant Godot», a ceci de particulier que Godot n’arrive jamais. Ceux qui pensent qu’une candidature de ma part risque de freiner la leur doivent se souvenir que Godot n’est jamais venu.

- Mais on peut changer la fin de l’histoire...

- On peut changer la fin de l’histoire, mais il faudrait demander à Beckett s’il est d’accord... Beaucoup de gens aimeraient que j’aille au Conseil fédéral et que je reste aussi président du parti. C’est très gentil à mon égard, mais c’est impossible.J’ai pris la décision il y a quatre ans de diriger un parti, je dois m’y tenir.

- L’élection d’un démocrate-chrétien à la place d’un radical équivaudrait-elle à un changement de gouvernement?

- Absolument. Ce serait le choix de pouvoir créer systématiquement une majorité de centre gauche au gouvernement, ce qui n’est pas possible aujourd’hui. La situation actuelle reflète a mon avis la volonté de la population suisse, à savoir une ouverture sociale, représentée par les socialistes, mais un gouvernement qui reste positionné au centre droit. C’est en tout cas ce qui est ressorti des dernières élections. Le PDC est théoriquement un parti bourgeois avec un électorat bourgeois, mais il joue un jeu qui n’est pas le sien. C’est ça le problème.

- Pascal Couchepin a parlé d’un risque d’israélisation du système politique suisse à cause de la multiplication de petites formations qui jouent les rôles d’arbitres ponctuels. Partagez-vous ce sentiment?

- Il y a, en politique, alternance entre des périodes de fractionnement de partis et d’autres où ils se réunissent. Nous avons pour notre part regroupé les forces libérales. L’UDC et les Verts connaissent une tendance inverse. Mais je pense que les mouvements qui sortent de ces partis se trompent s’ils pensent qu’ils ont un avenir en restant seuls. La réunion des forces écologistes et libérales serait une composante très intéressante dans un système libéral nouveau. Mais ce n’est pas à cela qu’on assiste pour l’instant.