Intelligent, complexe, tenace, florentin. Ce sont les premiers qualificatifs qui viennent aux lèvres des politiciens romands lorsqu’on les interroge sur la personnalité de Fulvio Pelli, le président du Parti libéral-radical suisse (PLR).

Ces interlocuteurs n’expriment guère de doutes sur les compétences du personnage pour le Conseil fédéral, bien davantage sur la sincérité de sa non-candidature. Il est au contraire souvent décrit comme le candidat avec le plus de chances, sans qu’on s’en réjouisse pour autant. Le héros latin par qui les Romands enthousiastes se sentiraient représentés reste à inventer.

Pascal Couchepin insiste

Est-ce parce que, après avoir été le premier à disqualifier Urs Schwaller comme non-Romand – jugement que Pascal Couchepin a proféré à son tour mercredi soir à la TSR – Fulvio Pelli passe pour être à l’origine de «candidatures» lancées comme des peaux de banane sous les pieds de ses rivaux? Il aurait ainsi poussé Christian Lüscher, chez les libéraux genevois, et Isabelle Moret, chez les radicaux vaudois, à manifester leur intérêt.

Au sein des sections libérales et radicales lémaniques, on ne lui fait pas de procès sur ce point. Ces noms lancés dans l’arène ne sont pas d’une épaisseur telle qu’elle puisse inquiéter des papables comme Martine Brunschwig Graf et Pascal Broulis. Du reste, ce n’est pas Fulvio Pelli qui a le premier évoqué Christian Lüscher, mais des représentants de l’aile économique des radicaux alémaniques, eux-mêmes critiques envers le président du PLR. Bref, c’est moins le candidat manipulateur qui lance des noms, estime-t-on, que le président de parti soucieux de vanter ses troupes.

Reste qu’en Suisse romande, Fulvio Pelli demeure méconnu. «Les Romands se sentent beaucoup plus proches d’Urs Schwaller que de Fulvio Pelli», affirmait ainsi le socialiste Roger Nordmann dans la presse alémanique. Quant aux radicaux et libéraux lémaniques, qui ne font pas encore ménage commun, ils n’ont pas de candidat commun. Les radicaux genevois ne font pas mystère qu’ils préfèrent de loin le Vaudois Broulis à la libérale Martine Brunschwig Graf.