La disposition au compromis qu’on avait enregistrée au niveau de la conférence des présidents à la fin de la semaine dernière, après des semaines d’intenses controverses, ne s’est plus guère manifestée au sein de l’assemblée des délégués. Les Romands, appuyés par les Zurichois, ont contesté avec violence et éloquence les positions de la direction du parti. Au point que le président du parti libéral genevois, Michel Halpérin, a annoncé que la fusion toute fraîche au niveau cantonal entre libéraux et radicaux allait être remise en question.

Le point le plus contesté a été l’introduction d’une auto-déclaration, attestant que leurs fonds ont été déclarés au fisc pour les clients étrangers des banques, combattue avec fougue par les délégués genevois et vaudois. Martine Brunschwig Graf, notamment, a dénoncé un esprit de moralisation n’ayant pas d’autre but de que de peaufiner l’image du parti dans les medias, débouchant sur une solution pas sérieuse et pas praticable. Ils n’étaient pas les seuls à douter de l’opportunité de cette formule, qui n’a été acceptée que par 181 voix contre 148.

Si Fulvio Pelli est personnellement partisan de la stratégie de l’argent propre, il n’a pas épargné les responsables de la controverse qui ont publiquement mis la direction du parti devant un fait accompli, en la mettant en demeure de se distancer du secteur financier, sous peine de d’être attaquée impitoyablement. Sans le citer, le président du PLR faisait très explicitement allusion au conseillers nationaux Philipp Müller (AG) et Werner Messmer (TG), qui « ont réveillé un volcan ». Le PLR sort secoué de cet exercice, qui a réveillé tous les vieux démons de la divisions et on pouvait entendre samedi en coulisses d’amères critiques à l’endroit de Fulvio Pelli, généralement assorties de l’interrogation nsuivante: « mais qui ferait mieux que lui ?».

La meilleure façon de sortir de cet affrontement, commentait un observateur à l’issue de l’assemblée, serait de parvenir à obliger les autres partis, étrangement muets sur la question, à prendre position eux aussi.