Fulvio Pelli, né en 1951, avocat et politicien dans la tradition familiale, président du groupe radical aux Chambres fédérales, fait partie de l'establishment politique tessinois. Son père, Ferruccio Pelli, a été maire de Lugano durant seize ans.

Sa carrière fédérale – il a été élu au Conseil national en 1995 – s'est déroulée dans la continuité d'une carrière cantonale entamée très tôt. Elu au Conseil communal de Lugano en 1980, au Grand Conseil en 1983, il a dirigé le Parti radical tessinois de 1988 à 2000 et il a su, à ce poste, tenir tête à la Lega. Il a également su maintenir la cohésion d'un parti divisé entre des courants très différents, un peu à l'image du parti national. C'est l'un de ses arguments dans la campagne, dans la mesure où l'on peut en déduire qu'il serait, à la présidence du PRD, capable de tenir tête à l'UDC.

Aimable mais secret, chaleureux mais distant, Fulvio Pelli est à compter au nombre de ces Latins peu expansifs qui conservent toujours une part d'insaisissable. Introverti, sa réserve passe parfois pour de la désinvolture. On parle volontiers à son égard d'ambiguïté florentine, sa culture politique désarçonne quelque peu à Berne.

Stratège subtil, Fulvio Pelli n'est pas toujours compris par ses camarades de parti, qui se demandent s'il ne se perd pas lui-même, parfois, dans le fil de ses intrigues, entre les intérêts du parti, du Tessin et ses propres ambitions. Le bref tour de piste qu'il a effectué en 2003 pour la succession de Kaspar Villiger et les justifications alambiquées qu'il a fournies à cette occasion l'ont desservi au sein du groupe radical.

L'autre défaut de Fulvio Pelli, pour une partie du groupe, ce sont ses convictions proeuropéennes. Pour le reste, il est un peu plus au centre, un peu plus ouvert aux problèmes environnementaux – il soutient la taxe sur le CO2 – que son concurrent. Ses réseaux économiques sont différents. Président de la Banque cantonale tessinoise, membre du conseil d'administration d'un groupe propriétaire de deux cliniques, il affiche à cet égard un profil plus semblable à celui de son prédécesseur, Rolf Schweiger.