A Genève, la gabegie provoquée par l'abrogation de l'interdiction de fumer s'accroît avant la séance du Grand Conseil de demain. Alors que le Conseil d'Etat tarde à réagir après avoir laissé s'installer un vide juridique béant - adopté à la hâte, son règlement a été invalidé par le Tribunal fédéral qui exige une base légale -, d'autres prennent les devants.

Outre un projet de loi Vert, qui reprend les dispositions du règlement du Conseil d'Etat, une autre proposition a émergé hier: les auteurs de l'initiative interdisant la fumée dans les lieux publics (approuvée par 79,2% des votants en février) ont rédigé leur propre projet de loi, apprenait-on sur le site de la Tribune de Genève. Les initiants cherchent désormais des relais au sein du parlement pour qu'il soit déposé. Plus restrictif que le projet de loi Vert et fondé «sur un avis de droit du professeur Martenet», précise Jean Barth, l'un des initiants, le texte limite les dérogations à l'interdiction de fumer. Notamment dans les hôpitaux, où il n'est pas question d'allumer une cigarette, sauf dans de rares cas, lorsque les soignants le décident: «Cela n'est pas nouveau, insiste Jean Barth, c'est la procédure en vigueur depuis deux ans aux HUG.»

Egalement tentés de s'engouffrer dans la brèche pour proposer un projet de loi beaucoup plus souple pour les fumeurs, les libéraux ont pour l'heure renoncé à leur projet. «Nous attendons de voir les propositions du Conseil d'Etat», explique Ivan Slatkine. Consternés par la lenteur du gouvernement, de nombreux députés attendent d'ailleurs des ministres qu'ils leur présentent un projet de loi dès demain. «Ils ont eu une semaine depuis la décision des juges, ils devraient être en mesure de proposer un texte», lâche le radical Frédéric Hohl. Seule certitude, la plupart des partis voteront l'ajout à l'ordre du jour du projet Vert pour le renvoyer en commission sans attendre.