Furrer Hugi, des lobbyistes aux petits soins

Employée par Glencore pour sensi­biliser les parlementaires à sa cause, l’agence Furrer Hugi est l’étoile montante des relations publiques suisses. En 2013, ses honoraires nets ont crû de 18,7%, à 5,124 millions de francs, selon les chiffres de l’Association suisse de relations publiques. Elle emploie désormais 23 personnes à Berne pour les affaires publiques et la «prise d’influence ciblée sur le processus législatif», comme le signale son site internet. «C’est l’agence la plus performante ici», constate le président du PDC, Christophe Darbellay.

Bien introduite au parlement et dans l’administration fédérale, elle a l’oreille de la gauche et fait campagne pour des «bonnes causes» comme le dédommagement des enfants placés de force. Son rôle: ouvrir des portes du microcosme bernois aux entreprises, déchiffrer pour elles le langage de l’administration et vice versa.

Lorenz Furrer, ancien haut fonctionnaire du Département des finances et cofondateur de l’agence, reconnaît que le travail de lobbying des entreprises de matières premières a augmenté depuis un an. «Avant, ils n’avaient presque aucun contact à Berne. Aujourd’hui, ils réalisent que c’est important et qu’ils peuvent parvenir à quelque chose, c’est-à-dire à réduire les préjugés à leur égard.»

A quelques mètres du Palais fédéral, l’agence possède son propre club privé, la Clé de Berne, qui lui permet d’accueillir les «faiseurs d’opinion» de la politique suisse. Pour son client Glencore, elle y a déjà invité les parlementaires des commissions de l’Economie et de Politique extérieure du parlement. Le cadre est sobre, presque austère, un dépouillement voulu et adapté au contexte bernois, où le clinquant passe mal. Furrer Hugi a poussé le perfectionnisme jusqu’à engager l’ancienne tenancière du Diagonal, petit café bernois où conseillers fédéraux et hauts fonctionnaires ont leurs habitudes.