Avant la votation populaire du 27 février prochain sur le projet de fusion, les syndics des cinq communes de Lavaux concernées (Cully, Grandvaux, Epesses, Riex et Villette) ont exposé mercredi à Cully les enjeux d'un tel regroupement. C'est à leur présentation que se sont attelés les hauts magistrats.

Ainsi, Daniel Porta, syndic de Villette, a souligné que cette fusion suivait une logique institutionnelle. Face à des centres urbains de plus en plus importants, le poids des petites communes vis-à-vis de l'Etat ne cesse de diminuer car elles ne disposent pas des moyens de résister. La fusion serait plus efficace que la simple collaboration intercommunale en simplifiant la gestion et en accélérant les procédures. Il a tenu également à rappeler que ces communes ne faisaient qu'une jusqu'en 1824, sous l'égide de Villette.

Concentration des tâches

Jean-Luc Badoux, syndic de Riex, a quant à lui évoqué les avantages organisationnels du regroupement. La concentration des tâches doit permettre une meilleure efficacité au niveau de la gestion du territoire et des équipements. De plus, depuis le 1er janvier, seules les communes de plus de 5000 habitants peuvent conserver un bureau pour les assurances sociales. Et c'est donc seulement ensemble qu'une antenne pourra être conservée dans la région.

Enfin, Alain Parisod, syndic de Grandvaux, a abordé la délicate question financière. Ce rôle n'est sans doute pas dû au hasard, sa commune étant la moins gourmande des cinq dans ce domaine. L'élu a assuré que la pression fiscale n'augmentera pas du fait de la fusion. De plus, il a rappelé qu'avec des charges communales de plus en plus importantes, il n'est pas du tout sûr que Grandvaux puisse conserver un taux si bas en restant seule. Car le regroupement permet de réduire les charges salariales globales. Le nombre de fonctionnaires sera, une fois la fusion achevée, réduit et ce sans licenciement.

Néanmoins, malgré tous les avantages vantés par les syndics, la fusion n'est pas acquise. On connaît l'attachement des Vaudois à l'autonomie ainsi qu'à l'identité de leurs communes. La perte du nom et des armoiries, au profit de celles de Villette, fait grincer des dents. A Grandvaux, il constitue l'un des arguments-phares des opposants, aux côtés de la fiscalité et de la perte non compensée de l'administration. Le nom de la nouvelle identité, «Cully-Lavaux», indispose également certains.

Ce regroupement, le plus important projeté dans le canton de Vaud, donnerait ainsi un signal important sur l'évolution des mentalités dans le domaine. Dans ce cas-ci, deux blocs semblent se détacher. Un bloc est (Cully, Epesses, Riex) qui devrait dire oui, et un bloc ouest (Grandvaux, Villette) où le résultat apparaît comme incertain. La différence s'est déjà fait ressentir lors des votes dans les différents parlements communaux. L'acceptation fut massive à l'est, beaucoup plus timide à l'ouest. Or, pour que la fusion ait lieu, il faut un vote positif dans toutes les communes. Si une seule d'entre elles refuse, c'est le projet entier qui tombe à l'eau.