Les nouvelles modalités de fusion des communes sont a priori rébarbatives. De longues colonnes de chiffres mélangent population, «inverse de l'indice de capacité financière» et échelles de subsides. Mais il ne faut pas se leurrer. Derrière cette technocratie se dessine le véritable projet politique de Pascal Corminboeuf qui applique la gestion par objectifs à la problématique complexe des fusions. Le projet indique comment obtenir rapidement des fusions sans les imposer. Il séduit car la simplification de l'aide rend immédiatement lisible les conséquences de chaque fusion. L'égalité des chances entre les communes est réalisée, tout comme la solidarité entres les collectivités. Mais, paradoxalement le projet pourrait être victime de son succès. A supposer que chaque commune veuille récupérer sa contribution obligatoire en réclamant des subsides de fusion, l'édifice s'effondre: 64 millions de francs seront réclamés alors que le fonds disposera de 20 millions.

Reste que Pascal Corminboeuf a trouvé la méthode d'accouchement des fusions sans douleur qui donnera naissance à la modernisation institutionnelle du canton. Le parlement sera bien avisé de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

W. B.