Cette fois c'est officiel: l'Office fédéral des réfugiés (ODR) et l'Office de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration (IMES) vont bel et bien fusionner. Le Conseil fédéral a donné lundi son feu vert à la proposition de Christoph Blocher: un «super-office» des migrations sera opérationnel au plus tard le 1er janvier 2005. Eduard Gnesa, actuel directeur de l'IMES et par ailleurs membre du PDC, le dirigera. Les partis politiques n'y trouvent pas grand-chose à redire.

Dans une lettre adressée à tous les collaborateurs de l'ODR et de l'IMES, que Le Temps s'est procurée, Christoph Blocher motive la fusion, déjà discutée du temps de Ruth Metzler, par cinq arguments principaux. Pour le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP), avoir «une meilleure approche des problèmes sociaux, financiers ou touchant à la sécurité de l'Etat de droit qui apparaissent dans les domaines de l'asile et des étrangers» est indispensable. Surtout s'agissant de l'immigration illégale et des abus liés à la dissimulation d'identité. Christoph Blocher évoque de même la nécessité d'utiliser des synergies, d'éliminer les doublons, de réduire le travail administratif et de baisser les coûts. Il espère des économies de l'ordre de 2,5 à 5 millions de francs, tout en soulignant que «d'autres économies potentielles devront être identifiées lors des travaux liés au projet de mise en œuvre».

Contrats non reconduits

L'Office fédéral des migrations devrait regrouper un peu moins des 600 collaborateurs actuels de l'ODR et des 160 de l'IMES. «Au moins 25 à 30 emplois seront supprimés», avertit le conseiller fédéral. Ces suppressions pourraient se faire sans licenciements: de nombreux contrats ne seront pas reconduits à la fin de l'année. Au vu du nouvel organigramme – l'office comprendra quatre principales divisions –, d'actuels chefs de service savent déjà qu'ils seront déclassés.

L'idée de fusionner les deux offices n'est pas nouvelle. Elle a notamment été émise en mars 1998 dans un papier de position de l'UDC. Cette revendication continue de l'UDC s'inspirait du modèle prévu dans le rapport sur la réforme du gouvernement et de l'administration de 1993. En 1997, le Conseil fédéral l'a refusé pour des raisons politiques. Le fait que Christoph Blocher n'ait pas nommé de successeur à Jean-Daniel Gerber à la tête de l'ODR le 1er avril dernier laissait présager que le conseiller fédéral préparait activement la fusion. Urs Hadorn, déjà suppléant de Jean-Daniel Gerber, n'a en effet été nommé que directeur ad interim, et il atteint bientôt l'âge de la retraite.

Christoph Blocher et Eduard Gnesa mèneront ces prochaines semaines de nombreuses auditions pour programmer la fusion. Un consultant externe aura également son mot à dire.