Trois semaines après le lancement de l'initiative réclamant la fusion des deux cantons lémaniques, le comité Union Vaud-Genève vient de récolter sa 2000e signature. Pour autant, les initiants, parmi lesquels François Cherix, Christian Pidoux et Bernard Ziegler, ne crient pas victoire trop fort. En à peine plus de deux mois, il leur faut encore convaincre 10 000 Vaudois de soutenir une cause nouvelle dans le paysage institutionnel. Après quoi, ils réitéreront l'exercice à Genève. Mise au point avec François Cherix, fondateur du mouvement Renaissance Suisse-Europe.

Le Temps: 2000 signatures en trois semaines, c'est peu. Avez-vous l'espoir de parvenir à vos fins?

François Cherix: Ce n'est pas si peu que cela! Lors du lancement de l'initiative, nous avons obtenu 1000 signatures d'un coup. Ensuite, la récolte a été catastrophique à cause du froid. C'est pourquoi nous nous sommes reportés sur l'envoi de courrier. Je concède que le résultat actuel n'est pas extraordinaire. Mais nous avons toujours dit qu'il faudrait nous battre jusqu'au bout, que rien n'était gagné d'avance.

– Vous évoquez d'ailleurs dans votre communiqué le scepticisme des gens: ils se montrent intéressés mais «réagissent davantage avec leur cœur qu'avec leur raison…»

– C'est vrai. Le niveau d'acceptation de l'initiative se situe à environ 20%, soit 20 points de moins par rapport aux sondages. Mais le bassin de population reste suffisant pour fait aboutir l'initiative. Il existe un décalage entre les débats politiques dans les médias et les sentiments émotionnels des citoyens. Le sujet est très neuf, un peu comme l'adhésion de la Suisse à l'Europe il y a dix ans. Pourtant, l'acceptation de changements dans le découpage territorial semble s'accélérer. Regardez avec quelle intensité la clause cantonale a été balayée.

– Qui signe l'initiative?

– Il est un peu tôt pour le dire mais il semble que les personnes qui suivent bien l'actualité adhèrent davantage à notre projet. Comme les habitants des villes parce que c'est là que nous concentrons nos efforts pour l'instant.

– Allez-vous vous donner des moyens supplémentaires pour récolter les 10 000 signatures manquantes?

– Grâce à l'arrivée de nouveaux membres dans l'Union Vaud-Genève (de 101 en septembre, ils sont passés à près de 200, n.d.l.r.), nous allons intensifier notre présence dans la rue. Par la suite, nous publierons des encarts dans la presse et ferons des tournées en bus.

– Si la récolte de signatures devait échouer, lanceriez-vous quand même la seconde initiative à Genève?

– Je n'en sais rien. Pour l'instant, nous ne voulons pas y penser.

Propos recueillis par Alexandra Deruaz