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En 2008, les employés des ateliers de Bellinzone avaient fait grève durant trente-trois jours pour empêcher la délocalisation de centre technique.
© URS FLUEELER/KEYSTONE

Tessin 

Le futur des ateliers CFF de Bellinzone crée de nouveaux remous 

Pour 2026, les «officine» ferroviaires tessinoises déménageront pour devenir les «plus modernes d’Europe». Les syndicats dénoncent la perte de centaines d’emplois, dix ans après la grève qui avait ému la Suisse

Créer les ateliers ferroviaires «les plus modernes d’Europe». C’est à cela que se sont engagés les Chemins de fer fédéraux (CFF), le canton du Tessin et la Ville de Bellinzone à la fin de l’an dernier en signant une déclaration d’intention. En substance, leur plan consiste à déplacer les ateliers CFF tessinois au nord du canton, dans une zone encore non déterminée, et à les adapter aux besoins technologiques de la dernière génération de trains suisses.

Parallèlement, une partie importante de l’ancien site des ateliers, au centre-ville de Bellinzone, serait transformée en parc industriel. Les nouveaux ateliers couvriront 100 000 m² et entreront en fonction dès 2026. Ils sont destinés à la manutention légère et lourde. Au total, il s’agit d’un investissement de 360 millions de francs: 180 pour les CFF, 120 pour le canton et la capitale tessinoise, 60 pour la Confédération. Les contrats définitifs devraient être établis et signés cette année.

Tout le monde ne sabre pas le champagne, cependant: au cours de la transition, le nombre d’employés devrait chuter des 400 actuels à environ 200-230. Cette restructuration devrait se faire sans licenciements, essentiellement par le biais de départs à la retraite, assure Patrick Walser, porte-parole des CFF. «Les autorités ferroviaires s’engagent à respecter les contrats collectifs de travail en menant le transfert de façon transparente et prévoient d'investir 6 millions de francs dans la formation des collaborateurs», précise-t-il.

«Démantèlement programmé»

Le comité Giù le mani dall'officina («Pas touche aux ateliers»), qui représente la commission du personnel des ateliers tessinois ainsi que les syndicats Unia, Transfair et SEV, n’en voit pas moins le projet d’un très mauvais œil. Pour Matteo Pronzini, membre de ce comité et député au Grand Conseil (Mouvement pour le socialisme, MPS), ce n’est pas le déplacement en tant que tel qui pose problème, mais bien le non-respect par les CFF des accords signés ces dernières années pour le maintien des emplois dans le canton.

«Les autorités ferroviaires veulent supprimer la moitié des postes. Depuis dix ans, tout est fait pour diminuer le volume de travail fourni par les ateliers, affirme l’élu. Il s’agit d’un démantèlement programmé dont la récente déclaration d’intention signe l’acte final.» Matteo Pronzini déplore l’absence de discussion démocratique avec les acteurs sociaux. Il ajoute que, pour la Ville et le canton, le dégagement du centre-ville ouvre surtout d’intéressantes perspectives pour la spéculation immobilière.

Le souvenir de la grève

Fin janvier, le MPS proposait au Grand Conseil, avec le POP, une consultation populaire sur le futur des ateliers CFF. Le parlement a rejeté cette demande par 40 voix contre 11. Malgré ce revers, le comité de défense des employés des ateliers s’engage à mobiliser la population pour sauver cette «institution» tessinoise et ses emplois. On se souvient qu’en 2008, lorsque les CFF envisageaient de délocaliser leurs ateliers, une grève de trente-trois jours et une manifestation de 10 000 personnes avaient permis d’éviter un transfert à Yverdon.

Mario Branda, le maire socialiste de Bellinzone, rappelle la place que les ateliers CFF, construits entre 1880 et 1890, occupent dans le cœur des Tessinois. «Nous avons lutté d’arrache-pied pour les accueillir. D’autres cantons, au nord des Alpes, les convoitaient également. A l’époque, notre région était très pauvre. Ces ateliers ont produit des milliers d’emplois, stables et bien payés. Tous les Bellinzonais ont au moins un parent qui y a travaillé.»

«Une opportunité sans précédent»

Mais pour le maire de la capitale, à l’instar des autorités tessinoises, ce qui est proposé dans le document approuvé en décembre représente une «opportunité sans précédent». «Il s’agit d’un projet industriel très moderne qui permet une vision à long terme. Sa durée de vie sera d’au moins quarante ou cinquante ans. Il assurera des emplois dans des secteurs de pointe aux générations futures.»

L’autre grand intérêt du projet est de libérer 100 000 m² au centre de Bellinzone. Une part serait reconvertie en parc techno-industriel, dont le contenu reste à définir. «Avec le canton, nous sommes en contact avec la Confédération et la promotion économique du Greater Zurich Area pour évaluer les potentialités. Une idée pourrait être d’y créer un Swiss Innovation Park, ces pôles d’excellence de recherche et développement.»

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