La police genevoise marque un point. Par un communiqué de presse publié mardi, elle a annoncé que ses enquêteurs du «groupe G8» étaient parvenus à confondre le militant d'ATTAC-Neuchâtel qui, la veille, avait tenu conférence de presse pour protester de son innocence (LT d'hier). Ce laborantin en biologie et chimie de 32 ans figure parmi les 39 personnes dont le portrait a été diffusé par la police sur Internet à fin d'identification.

Accompagné par une dizaine de personnes venues le soutenir, l'altermondialiste s'est rendu spontanément hier au siège de la police genevoise. Soumis à un interrogatoire, le Neuchâtelois a d'abord contesté les faits qui lui étaient reprochés. Mais, indique le communiqué de police, «confronté au film vidéo amateur dans lequel il apparaît, il a finalement admis l'évidence». Un mandat pour participation à émeute et incitation à émeute ayant été formulé, il a été placé en détention dans l'attente de son audition par un juge d'instruction.

Lundi, face aux médias, le membre d'Attac avait assuré qu'il avait participé à la grande manifestation anti-G8 du dimanche 1er juin et assisté ainsi à des violences, mais sans y participer d'aucune manière. Sa condamnation des casseurs avait été publiée le lendemain dans la presse de son canton, des journalistes de L'Express et de L'Impartial l'ayant interviewé à l'occasion du défilé. En conclusion de la conférence de presse de lundi, son avocat, le Vaudois Jean-Michel Dolivo, avait dès lors menacé de déposer une plainte pour diffamation à l'encontre de la police, sans exclure par ailleurs une action civile pour préjudice moral.

Les violences auxquelles le militant d'ATTAC aurait été associé se sont déroulées rue d'Enfer. Après avoir tenté de filtrer les personnes qui rejoignaient le centre-ville au terme de la manif, des gendarmes s'étaient retrouvés cernés dans cette ruelle. Des jets de pierres et de gaz lacrymogènes avaient alors été échangés.

Aujourd'hui, l'avocat de l'altermondialiste commence par préciser que la présence d'une personne dans un groupe se livrant à des violences suffit pour constituer le délit d'émeute. Dès lors, Jean-Michel Dolivo ne s'étonne pas des charges retenues contre son client, mais ne se prononce pas sur le fond du dossier, dont il n'a pas encore pris connaissance. Il accuse en revanche une nouvelle fois la police d'avoir violé le principe de présomption d'innocence en jetant son client «en pâture publique». Il prolonge ainsi la polémique provoquée par les qualifications de «casseurs avérés» et «criminels impunis» qui accompagnent l'avis de recherche sur Internet. Comme Le Temps le relevait hier, la police a fait son mea culpa sur ce point en retirant le terme «criminel» de son message.