Martin Shaw, l'activiste britannique blessé à Aubonne durant le G8, est sorti du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), où il était hospitalisé depuis un mois. Il a subi plusieurs fractures, après une chute de 20 m, un policier ayant coupé la corde à laquelle il s'était suspendu dans une action de blocage sur l'autoroute A1. Cet électricien de 39 ans regagnera dans une semaine son domicile de Barcelone, où il entreprendra une rééducation.

A l'occasion de cette sortie d'hôpital, les altermondialistes et leur avocat ont présenté une nouvelle vidéo de l'action de blocage du 1er juin dernier. Ces images, tournées par des journalistes alternatifs, remettent en question la version «officielle» de ce qui s'est passé sur le pont sur l'Aubonne. On y voit notamment le policier alémanique qui a coupé la corde arriver sur les lieux dans la première voiture de police, en compagnie du sergent-major vaudois qui dirigeait l'opération. Ce policier schaffhousois était donc sur place dès le début, contrairement à ce qui avait été dit par la police juste après l'accident, a souligné Me Jean-Pierre Garbade, l'avocat de Martin Shaw et de son amie allemande, Gesine Christina Wenzel. Les premières communications, juste après les faits, privilégiaient la version d'une intervention impulsive de la part d'un policier ayant mal compris la situation en raison de la confusion régnant sur les lieux et d'un problème de langue.

L'avocat demande l'inculpation du cadre de police vaudois, en raison de sa «négligence criminelle» pour ne pas avoir empêché son subordonné de couper la corde. Pour les altermondialistes et leur défenseur, la responsabilité de l'officier de police et l'Etat de Vaud a des implications financières: Martin Shaw demande que le canton prenne à sa charge les prestations du CHUV.

«No comment» vaudois

La police vaudoise ne veut pas commenter les nouveaux éléments apportés par les altermondialistes. Une enquête pour lésions corporelles graves est en cours, se borne à rappeler le porte-parole Jean-Christophe Sauterel.

Les altermondialistes critiquent également la manière dont l'enquête avance. La police n'aurait pas procédé à tous les actes requis par le juge et les témoignages de certains témoins n'auraient pas été enregistrés, celui de la seule personne ayant vu le policier couper la corde ayant même été refusé, selon Me Garbade. Les altermondialistes veulent lancer une enquête indépendante sur cet accident ainsi que sur les autres accusations de brutalités policières portées par des manifestants durant le G8.