Les révélations sur la gabegie informatique qui règne dans différents services de l'administration genevoise se suivent et se ressemblent. Les dernières en date concernent le service de l'assurance maladie: un rapport de l'Inspection cantonale des finances (ICF) dresse un constat accablant de la situation, comme l'avait fait il y a deux ans le texte consacré à l'informatique de l'administration fiscale.

Dans ses observations, l'ICF souligne que depuis sa mise en service en 1996, l'application informatique du service de l'assurance maladie «a connu de nombreux problèmes qui persistent encore aujourd'hui». Cette application (une base de données) «a été développée par une société externe» à l'administration et le service, lorsqu'il a eu des problèmes, «n'a pas reçu de soutien adéquat de la part de l'informatique de l'Etat».

Comme le service de l'assurance maladie est chargé de verser les subsides aux assurés de condition modestes, des erreurs informatiques, dans les fichiers des usagers notamment, peuvent rapidement avoir des conséquences financières. Est-ce le cas? «Actuellement, répond l'ICF, le taux d'erreur est faible et la grande majorité des paiements de subsides ont été faits correctement», mais souligne aussi le rapport, cela n'a pas toujours été le cas, en 1997 et 1998 notamment. En tout cas, accuse l'ICF, «les dysfonctionnements ont provoqué des pertes pour l'Etat. Ceci nous amène à recommander que pour tout nouveau projet, les dispositions nécessaires soient prises pour que de tels dysfonctionnements ne puissent plus se reproduire».

«La fiabilité de l'application informatique n'étant pas assurée», l'Inspection recommande que le Centre des technologies de l'information (le CTI, c'est-à-dire les informaticiens de l'Etat) assure une présence technique au service de l'assurance maladie. Elle suggère aussi «qu'un chef de projet informatique soit entièrement mis à disposition du service jusqu'à ce que l'application ait été rendue stable et performante».