Ecologie, culture, énergie, emploi, patrimoine, solidarité… Les Etats généraux du développement durable, qui se tiennent à Sion depuis hier et jusqu'à cet après-midi dans le cadre de la candidature de la capitale valaisanne aux Jeux olympiques 2006, ratissent large. Avec des conférenciers aussi divers que René Longet, Jacques Neyrinck, l'ethnologue Bernard Crettaz ou le syndicaliste Germain Varone.

De belles paroles autour d'une idée tout aussi belle: profiter des JO pour créer des richesses en respectant l'environnement sans hypothéquer l'avenir des générations futures. Interview de la responsable du département «Développement durable» au sein du comité Sion 2006, l'ancienne conseillère nationale Gabrielle Nanchen.

Le Temps: Le développement durable n'est-il pas qu'un bel alibi que se donne le comité Sion 2006, un moyen de s'acheter une bonne conscience?

Gabrielle Nanchen: L'idée d'intégrer la notion de développement durable à la candidature de Sion vient du simple constat que l'environnement représente partout, aujourd'hui, une valeur essentielle.

Avec le développement durable, nous allons au-delà, nous faisons œuvre de pionnier, puisque pour le CIO, qui ne parle que d'environnement, cette idée ne veut rien dire. C'est aussi pour nous une manière de répondre au désir exprimé l'an dernier par le peuple valaisan lors de la votation sur les JO: d'accord pour les Jeux, mais attention, à condition qu'il y ait des retombées économiques.

– Des retombées écologiques, tout le monde en veut. Mais l'écologie, mais la solidarité…

– Le comité de Sion 2006 ne m'a pas choisie pas hasard: je suis active depuis une dizaine d'années dans le problème des relations Nord-Sud. On savait très bien qu'avec moi on pouvait attendre des résultats, c'est donc bien dans l'espoir de voir quelque chose se réaliser qu'on m'a mise là. On savait aussi que sur ces questions, je suis écoutée.

– Avant de vous embarquer dans le bateau olympique, quel sentiment la candidature valaisanne vous inspirait–elle?

– Déjà lors de la candidature de Sion 2002, je m'étais engagée dans le comité de soutien. Je suis partie d'une constatation: je voyais avec tristesse les jeunes frappés par le chômage et que plus personne ne semblait croire à l'avenir de ce pays.

Je suis persuadée que les Jeux olympiques sont une occasion unique de remobiliser les gens. Ce n'est pas tant l'idée de compétition ou de gloire nationale qui me fascine, mais plutôt la perspective d'un projet collectif. Je vois les JO comme une fête. Je me souviens des championnats du monde de ski à Montana en 1987, toute la population était derrière, il y avait tellement de bénévoles qu'on ne savait plus quoi en faire.

J'aime cette idée que les Valaisans se prennent en main pour réaliser quelque chose ensemble, qu'ils se disent, voilà, on n'est pas des imbéciles.

– Quel est selon vous le principal obstacle que risque de rencontrer l'idée de développement durable?

– Si les médias continuent à nous seriner que le développement durable, c'est uniquement l'affaire des écologistes, alors nous sommes mal partis. Le développement durable va bien au-delà de l'écologie.

En Valais, il y a déjà des communes qui font du développement durable sans le savoir. C'est pourquoi j'ai lancé un appel aux «projets exemplaires». Pour que les communes qui œuvrent dans ce sens fassent connaître leur travail. Pour l'instant, nous entendons donner une impulsion et les communes qui nous auront accompagnés sur cette voie pourront ensuite continuer sans nous.

– Tout de même, ne va-t-on pas encore dire une fois de plus que tout cela est imposé de l'extérieur et va contre la mentalité valaisanne?

– Le Valais des combats de reines et des élections communales où tout le monde s'entre-tue, c'est une image d'Epinal, même si cela existe encore, même si certains Valaisans aiment donner d'eux cette vision-là. Le Valais, c'est aussi autre

chose.Notre but est de mon-trer ce qui existe déjà de posi-tif.

On voudrait que cette

idée de développement durable renvoie aux Valaisans une belle image d'eux-mêmes.