A Genève, rien ne semble devoir apaiser la pression autour des divorces hautement conflictuels. Un «scandale d’Etat», clament des collectifs de parents privés de leurs enfants à la suite d’expertises psychiatriques dont les conclusions défavorables amènent les juges à les disqualifier durablement. Et ce n’est pas la réforme mise en place par le conseiller d’Etat Mauro Poggia qui les fera taire. Vendredi prochain, plusieurs organisations manifesteront devant l’UIT où siège le Grand Conseil genevois. Une petite piqûre de rappel à l'adresse des députés, alors que la Commission des droits de l’homme, qui s’est saisie du sujet, devrait livrer son rapport d’ici à février, selon nos informations. Elle pourrait accoucher d’une motion.

Pourtant, le ministre de tutelle estime avoir pris les mesures qui s’imposent pour éviter les séparations dramatiques. D’abord, en instituant un groupe de travail composé des Hôpitaux universitaires genevois (HUG), du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) responsable des expertises controversées, du Service de protection des mineurs (SPMI) et du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE). Ensuite, en exigeant qu’un psychiatre pour adultes participe à ces expertises, jusqu’ici réalisées par une doctoresse pédopsychiatre contestée. Une mesure effective depuis ce mois de janvier. Une centaine d’expertises annuelles seront désormais réalisées en binôme.