La Garde suisse dirigée par son numéro deux

Vatican Christoph Graf doit incarner le renouveau voulu par le pape François

Le renouveau de François pour sa Garde suisse s’appelle Christoph Graf. Ce Lucernois de 53 ans a été choisi samedi par le pape pour devenir le nouveau commandant de la plus petite armée du monde.

Né en 1961, marié et père de deux enfants, il a la particularité de n’avoir jamais quitté le quartier suisse du Vatican depuis qu’il y est entré il y a 27 ans. De simple hallebardier en 1987, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie. Son prédécesseur mis à part, il est le seul hallebardier à avoir accédé au plus haut grade. Il est aussi le premier commandant à ne jamais avoir été officier dans l’armée suisse, ce qui a longtemps fait partie de la tradition.

La nomination par le souverain pontife du nouveau chef des gardes a été rapide. De fait, Christoph Graf succède à Daniel Anrig une semaine seulement après que ce dernier a quitté ses fonctions.

Annonce chaotique

L’annonce de son départ avait été chaotique, deux mois plutôt. Le pape argentin avait mis un terme à son mandat sans en préciser les raisons, ce qui avait ouvert la voie à de nombreuses spéculations.

L’autoritarisme du désormais ancien commandant avait été pointé du doigt. François lui-même l’avait démenti dans les ­colonnes du journal argentin La Nacion. Après une visite dans le quartier suisse, il avait simplement décidé que le corps armé avait besoin de renouvellement.

L’ancien commandant n’a pas réussi à insuffler cet air nouveau dans les rangs de ses recrues. Il l’a admis lui-même à l’heure de tourner la page.

Equilibre «difficile»

«Il n’a pas été facile de trouver un équilibre entre la nature militaire de la Garde suisse pontificale et l’esprit de profond renouveau qui a caractérisé l’Eglise ces dernières années», justifiait Daniel Anrig dans son discours, lors de sa cérémonie de départ, le 31 janvier.

Ses paroles laissent par ailleurs deviner la direction, voulue par François, que s’apprête à prendre la garde: celle-ci est «de fait un corps militaire, explique Daniel Anrig. Elle a été créée comme tel et je maintiens qu’elle doit rester comme tel.»

Contrairement à d’autres organes du Vatican, la Garde suisse ne vit aujourd’hui pas de révolution, plutôt un rafraîchissement. Le pape Bergoglio a mis fin rapidement à cette période turbulente pour sa garde rapprochée, en choisissant le numéro deux du corps armé et conseiller de l’ancien commandant, un homme connaissant par cœur la garde suisse et ayant travaillé déjà avec trois papes.