Histoire

La gare des Eaux-Vives, tragédienne malgré elle

Actrice majeure du CEVA, cette station inaugurée en 1888, fermée en 2011, ressuscitera sous terre ce dimanche. Sur le quai défileront les fantômes de ces années héroïques où Genève était une plaque tournante de la résistance au nazisme

Ce dimanche à l’heure des matines, des cœurs s’emballeront, comme une locomotive de western, au moment où le Léman Express freinera devant le quai des Eaux-Vives.

Tous les passagers éprouveront l’ivresse de la première fois, ce plaisir de fuser de Cornavin à Annemasse sur une ligne, le CEVA, qui n’est plus un fantasme ni une suite de crevasses dans la ville, mais un lien qui transformera la vie de toute une région. Beaucoup auront aussi le sentiment de respirer à cet endroit-là, même si la station est désormais souterraine, le parfum de l’histoire, avec son alliage d’héroïsme, de coups fourrés, de secrets à jamais enfouis.