Il faut saluer le travail de la Commission fédérale sur les principes de l'assurance maladie. Elle a mis des mots sur une réalité: le rationnement médical. Bien sûr, son président, Otto Piller, clame haut et fort que le rationnement n'est pas nécessaire et qu'il est anticonstitutionnel, et il a raison. Il faut d'abord épuiser les possibilités de la rationalisation. Mais il y a des domaines où la pénurie est manifeste comme les greffes d'organes. De ce fait on cherche des solutions éthiques permettant de procéder à des choix.

Cette recherche doit permettre de dénoncer le rationnement caché. Avec la pression des coûts il devient toujours plus fréquent. La peur de générer des frais pousse certains médecins, installés ou hospitaliers, à renoncer à procéder aux examens nécessaires. Comme le révèle l'aventure de cette jeune fille qui se rend dans un hôpital universitaire en raison de douleurs abdominales. Renvoyée chez elle sans que la moindre investigation ait été effectuée, elle contacte son médecin traitant. Il diagnostique une appendicite. Elle retourne à l'hôpital, même fin de non-recevoir. L'histoire se termine par l'opération en urgence d'une péritonite. Le coût final est beaucoup plus élevé que si l'on avait procédé à un scanner dès le départ.

Cette démarche va exactement à l'encontre de celle que préconise la Commission consistant à informer le patient et le tenir pour un partenaire intelligent, capable d'une certaine autonomie et d'un certain esprit critique. Car dans le cas cité on nie la demande de la patiente, elle est simplement priée de cesser de poser problème.

MCPP