Genève

Quand gastronomie et prévoyance font bon ménage

Les Rentes Genevoises ouvrent un espace dédié à l’information sur la prévoyance vieillesse. En cuisine, le chef étoilé Claude Legras sera à la manœuvre

A 170 ans d’âge, les Rentes Genevoises sont encore pleines d’allant. Cette assurance cantonale a inauguré lundi sur la place du Molard à Genève un espace novateur qui tient lieu de restaurant, de bibliothèque, de lieu de formation, de lounge. L’objectif du bien nommé Pilier, comme les trois piliers de la prévoyance helvétique, est d’informer et de promouvoir la prévoyance. Considérée par le commun comme assommante, celle-ci sera ici apprêtée par Claude Legras, meilleur ouvrier de France et chef plusieurs fois étoilé, propriétaire du restaurant Le Floris à Anières. Ce qui devrait la rendre plus savoureuse qu’elle n’apparaît de prime abord.

Une personne sur deux ne se dit pas suffisamment informée à propos de la prévoyance; une personne sur trois considère que sa prévoyance sera insuffisante le moment de la retraite venu. Fort de ce constat, rappelé par le président du conseil d’administration des Rentes Genevoises, Dominique Grosbéty, l’institution a fait le pari d’aller à la rencontre des citoyens. Au Pilier, ils trouveront, outre une cuisine originale à base de produits du terroir, des livres, des magazines (grâce à un partenariat avec la librairie Payot ainsi que Naville), des outils informatiques dont le robot Pepper, apte aux questions comme aux jeux avec les enfants, des tablettes où simuler des scénarios, des conférences thématiques enfin pour les plus assidus.

Se poser les bonnes questions

Une manière détournée d’accroître le portefeuille des Rentes Genevoises? «Non, l’objectif est d’informer, une mission que nous impose la loi, assure Pierre Zumwald, directeur général. Il n’y aura d’ailleurs pas de conseillers en prévoyance au Pilier, donc pas de pression commerciale. Celui qui voudra vraiment prendre un rendez-vous pourra le faire par l’intermédiaire du robot.» Par conséquent, il n’y aurait pas non plus de bénéfice attendu, si ce n’est en termes de notoriété. L’objectif est que le local ne coûte rien aux Rentes Genevoises. Fondée par James Fazy en 1849, la plus ancienne caisse mutuelle d’assurance sous la forme d’un établissement de droit public (il en existe aussi dans les cantons de Vaud et Neuchâtel) sert des rentes garanties par l’Etat. Avec plus de 17 000 assurés, un bilan supérieur à 2 milliards de francs et quelque 1000 appartements dans le canton, les Rentes Genevoises encaissent des primes entre 170 et 200 millions de francs par an et versent 85 millions de rentes chaque année.

Selon le directeur, les gens s’intéressent souvent à la prévoyance lorsqu’il est trop tard: «Les divorces après cinquante ans font souvent deux pauvres, explique Pierre Zumwald à titre d’exemple. La prévoyance de couple n’existe pas, seule compte la prévoyance individuelle.» Mariage, concubinage, enfants, chômage ont aussi un impact sur la prévoyance. «Ce qu’on vise au Pilier, c’est que les gens se posent les bonnes questions», résume le directeur. Cet espace d’immersion espère capter tous les publics, des plus jeunes attendus aux afters aux moins jeunes pour le tea time, sans oublier la clientèle du matin et du midi. L’assurance se donne un an pour évaluer le concept. Elle verra alors si le mariage de la prévoyance et de la gastronomie tient ses promesses.

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