Les restrictions commerciales imposées par le Conseil fédéral auront de lourdes répercussions financières sur les restaurants, bars et magasins concernés. Le gouvernement propose d’augmenter, par voie d’urgence, le volume des aides financières prévues pour les cas de rigueur. Au lieu de 1 milliard de francs, somme que se partagent la Confédération (680 millions) et les cantons (320 millions), elles s’élèveront à 2,5 milliards.

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Une première tranche de 750 millions sera cofinancée par la Confédération (500 millions) et les cantons (250 millions). Une réserve de 750 millions entièrement prélevée sur le budget fédéral sera à disposition en cas de besoin. Elle sera principalement destinée à la branche du tourisme et à la restauration.

Aussi pour les gens du spectacle

En parallèle, le Conseil fédéral propose au parlement de l’autoriser à assouplir certains des critères qui donnent droit à ces soutiens, par exemple celui qui exige que la perte de chiffre d’affaires soit d’au minimum 40% par rapport aux années précédentes. Dans le domaine de la culture, il envisage d’élargir le droit à l’aide fédérale aux indépendants du spectacle et pas uniquement aux institutions.

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Le Conseil fédéral est en contact avec les Commissions économiques des deux Chambres afin qu’elles ajoutent ces mesures dans la loi Covid-19, qui est en discussion au parlement durant la session d’hiver, qui s’achève vendredi prochain.

Cantons pointés du doigt

«Elles vont dans la bonne direction et je ne doute pas que le parlement suive le Conseil fédéral. Ensemble, nous allons débloquer 2,5 milliards d’aides en l’espace de quelques jours. Cet argent doit arriver très rapidement dans les entreprises. Or, je ne suis pas sûr que les cantons aient pris les mesures nécessaires pour que les décisions soient prises en temps utile», commente le président de la Commission économique du Conseil des Etats, Christian Levrat (PS/FR).

GastroSuisse, la faîtière de la restauration, est sous le choc: «Je suis consterné. Notre branche a été abandonnée. Les crédits, prêts et compensations de salaire ne suffisent pas», se désole son président, Casimir Platzer. «Les aides pour les cas de rigueur arrivent trop tard. La moitié des cantons se sont mis au travail, mais certains disent déjà qu’ils ne pourront rien verser avant fin février. Il faut des indemnisations financières immédiates, à fonds perdu et non bureaucratiques de l’ordre de 600 à 800 millions de francs par mois», ajoute le directeur de GastroSuisse, Daniel Borner.

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