L’organisation faitière de l’hôtellerie-restauration suisse s’inquiète des conséquences de la votation du 9 février 2014 sur l’immigration. A l’occasion de son point de presse annuel, le président Casimir Platzer a évoqué une «année difficile» et un bilan «contrasté». Si les professionnels du secteur ont accueilli avec satisfaction le rejet de l’initiative sur les salaires minimums, ils sont préoccupés, donc, par la mise en application de l’initiative de l’UDC.

Près de la moitié des employés de l’hôtellerie-restauration (48%) viennent en effet de l’étranger. Selon le directeur suppléant de GastroSuisse Hannes Jaisli, les séjours en Suisse – en vue d’exercer une activité lucrative de moins de 12 mois – ne devraient pas être considérés comme des cas d’immigration et donc pas soumis à des contingents.

Pour remplacer les collaborateurs étrangers, dans l’optique de la mise en oeuvre de l’initiative sur l’immigration, Hannes Jaisli a mis en avant le réservoir potentiel de main d’oeuvre que représentent les réfugiés et demandeurs d’asile, ainsi que les chômeurs.

Tourisme de restauration

Le tourisme de restauration est aussi une source d’inquiétude pour la branche. Selon une étude commandée par GastroSuisse à l’institut Link, 36% des Suisses «se rendent régulièrement et de manière répétée à l’étranger pour manger à l’extérieur». Une tendance jugée à la hausse.

Le «touriste de la restauration» dépense en moyenne 42 francs pour un repas à l’étranger. Cette «mode» serait ainsi à l’origine d’un manque à gagner de quatre milliards de francs de valeur ajoutée. La «fuite de capitaux» doit être arrêtée, écrit la fédération de l’hôtellerie et de la restauration. Elle affirme en ressentir les effets «jusque dans l’arrière-pays».

Franc fort

Mais avec le renchérissement du franc, les perspectives ne sont pas brillantes. Si l’année 2015 a été entamée «avec beaucoup d’élan» par les hôteliers et restaurateurs, le nombre de nuitées en Suisse étant reparti à la hausse fin 2014, «l’onde de choc du taux de change» a touché le pays ensuite. «Même les plus belles montagnes et les paysages les plus enchanteurs sont impuissants face à ce problème lié au taux de change», selon Casimir Platzer. Il regrette que la Suisse soit encore davantage un îlot de cherté.

Des réformes sont urgentes, a plaidé le président de l’organisation. Il réclame notamment des prix à l’importation plus équitables, exempts des «suppléments Suisse» que certains fournisseurs étrangers imposent au marché.