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Plus soudée que dans un passé récent, la droite devrait conserver sa majorité au Conseil exécutif bernois.
© PETER SCHNEIDER

Élections bernoises

La gauche divisée face à Pierre Alain Schnegg

En attendant le départ de Moutier pour le Jura, Berne vit des élections cantonales de transition, marquées une dernière fois par la Question jurassienne

Une fois de plus, c’est dans le Jura bernois que se jouera la majorité du prochain Conseil exécutif bernois, détenue désormais par la droite. Celle-ci, qui a fait élire Pierre Alain Schnegg (UDC) en 2016, devrait logiquement la conserver dans un canton dont le Grand Conseil est largement dominé par un bloc bourgeois beaucoup plus compact que dans un passé récent. Ce d’autant plus que la gauche part divisée au combat, avec d’une part Christophe Gagnebin pour le Parti socialiste du Jura bernois (PSJB) et d’autre part Maurane Riesen pour le Parti socialiste autonome (PSA).

Dix mois après la décision de Moutier de quitter Berne pour le Jura, ces élections du 25 mars prochain auraient dû être les premières d’après le règlement de la Question jurassienne. Il n’en est rien. Le scrutin prévôtois, qui fait encore l’objet de plusieurs recours, a laissé des traces, et même des plaies qui ne sont pas cicatrisées. La constellation des forces en présence rappelle furieusement celles de 2006 et 2010, lorsque le maire de Moutier de l’époque, Maxime Zuber (PSA), avait brigué en vain un siège au gouvernement.

Pierre Alain Schnegg tranche dans le vif

Dans le rôle du favori, l’actuel directeur de la Santé et des affaires sociales, Pierre Alain Schnegg (56 ans). Cet ancien patron d’une entreprise de logiciels n’oublie pas son passé lorsqu’il brosse l’état de santé du canton: un géant aux pieds d’argile. Il affiche certes le deuxième PIB du pays, mais ne figure qu’au 8e rang quant au PIB par tête d’habitant. Sa population vieillit et sa charge fiscale reste l’une des plus lourdes de Suisse.

Au final, Berne encaisse plus d'un milliard de francs de la péréquation financière fédérale, soit 3,5 millions par jour. «Nous devons mieux maîtriser nos coûts, avertit dès lors Pierre Alain Schnegg. Il n’est pas logique que des cantons récipiendaires de la péréquation financent des prestations sociales qui ne sont pas disponibles dans les cantons donateurs.»

Lire aussi: Pierre Alain Schnegg, apôtre de l'austérité

Autant son prédécesseur, le socialiste Philippe Perrenoud, était timoré, autant Pierre Alain Schnegg affronte les problèmes sans tabous et tranche dans le vif. Il révise la loi sur l’aide sociale en réduisant le forfait d’entretien, fait le ménage à la tête de l’Hôpital universitaire de l’Ile, réclame la démission du conseil d’administration de l’organisation de soins à domicile Spitex, refuse une subvention annuelle à l’hôpital de Zweisimmen. En prenant souvent des décisions controversées voire impopulaires, il polarise comme rarement un membre du gouvernement l’a fait.

Christophe Gagnebin contre la politique d’austérité

La droite applaudit, mais la gauche s’insurge dans un slogan qui claque comme un coup de fouet en allemand: «Schnegg muss weg» («Schnegg doit partir»). Son principal adversaire, Christophe Gagnebin, un enseignant de 54 ans, préfère cependant combattre sa politique plutôt que de s’adonner à des attaques personnelles. «Pierre Alain Schnegg a pris des mesures ayant fragilisé justement la population qu’il faut aider pour qu’elle ne tombe pas à l’aide sociale.» Avec sa candidature, il espère stopper l’actuelle politique d’austérité du gouvernement: «Durant cette législature, la droite a pratiqué une politique de rouleau compresseur sous l’impulsion de l’UDC, avec l’aide d’un PLR qui a perdu tout ce qu’il avait de valeurs humanistes.»

Maurane Riesen en campagne pour l’égalité des chances

Pas sûr qu’il y parvienne. Christophe Gagnebin est certes solide sur les dossiers, mais dénué de charisme. De son côté, Maurane Riesen (27 ans) apporte la fraîcheur et l’insolence de sa jeunesse, mais appartient à un parti qui ne compte que 3 sièges sur 160 au Grand Conseil.

On ne peut pas gérer un canton comme une entreprise , Maurane Riesen

Cette biologiste doctorante en épidémiologie a axé sa campagne sur l’égalité des chances et l’écologie: «On ne peut pas gérer un canton comme une entreprise. Berne doit prendre ses responsabilités par rapport aux personnes les plus fragiles de la société.» L’autonomiste qu’elle est rappelle aussi à Berne les engagements qu’il a pris envers sa minorité francophone avant la votation de Moutier: «Ce canton doit respecter ses promesses et accorder une autonomie renforcée au Jura bernois», exige-t-elle.

Reste à savoir si ces deux candidatures diviseront la gauche ou au contraire la mobiliseront. Maurane Riesen a appelé à voter pour les deux Romands. Christophe Gagnebin, qui en 2013 s’était beaucoup battu pour le maintien du Jura bernois dans le canton de Berne, ne se fait guère d’illusions. «Il y a au PSA une certaine haine qui se focalise sur ma personne.»

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