Au-delà du soutien de la gauche (75%) et des écologistes, l’initiative de Franz Weber pour limiter les résidences secondaires doit une bonne part de son succès au ralliement d’une très forte minorité d’électeurs de l’UDC ( 48%) de même que, dans une mesure moindre, aux voix d’un tiers de l’électorat PDC et PLR. L’argument de la protection du paysage était d’ailleurs largement partagé, même par ceux qui finalement on refusé l’initiative, en jugeant qu’elle allait trop loin. C’est ce qui ressort de l’analyse Vox conduite par l’institut gfs.Bern et l’Université de Zurich des votations du 11 mars.

Autre résultat frappant : les arguments des initiateurs – protection du paysage, halte au mitage du sol, prix du sol trop cher – étaient partagés par 80% des personnes interrogées, ce qui n’empêche pas que le résultat fut très serré : 50, 6% de oui seulement. Un autre élément, le lieu de résidence, a joué un rôle dans deux des cinq objets soumis ce jour-là aux électeurs. Un «Alpengraben», un fossé alpin, entre agglomérations du Plateau et régions alpines, est certes apparu, mais cette différence entre ville et montagne n’a jamais été aussi marquée qu’en 1992 entre Suisse romande et Suisse alémanique lors du vote de 1992 sur l’Espace économique européen. Jamais elle ne dépasse 20%. Et dans les régions alpines, on retrouve exactement les mêmes clivages au sein des partis, très large soutien à gauche, soutien minoritaire mais significatif à droite, qu’en régions de plaine.

Prix du livre: droite romande favorable

Pour le prix du livre, rejeté en bloc à 87%, mais accepté par tous les cantons romands, le «Röstigraben» s’est rouvert .Contrairement aux partis de droite qui refusaient massivement cette réglementation du prix du livre sur l’ensemble de la Suisse, 81% des sympathisants romands PDC et 52% des électeurs romands du PLR ont voté oui. Leurs arguments: le livre, qui n’est pas un bien comme un autre, mérite un prix unique et il faut protéger les petits libraires. Au niveau national, le clivage est nettement gauche contre droite : la réglementation était soutenue par 61% des socialistes, 80% des Verts, mais combattue par 71% des partisans du PLR, 65% de deux du PDC et 64% à l’UDC.

Pas de clivage sur l’épargne logement

L’initiative sur l’épargne logement, rejetée à 55%, n’a révélé aucun clivage idéologique, car les élus et dirigeants politiques envoyaient des signaux contradictoires. On peut relever que les personnes mariées, de même que les actifs, y ont été plus sensibles que les célibataires ou les retraités. Pour l’initiative sur les six semaines de vacances, seules l’extrême gauche (71%) et dans une moindre mesure la gauche (52%) étaient pour le « oui », avec un rejet massif à droite. Mais les personnes actives (37%) et celles qui bénéficient déjà de six semaines (42%) ont plus largement approuvé que les sans emploi ou les retraités. Enfin l’arrêté sur la réglementation des jeux d’argent (87% de oui) a été approuvé de manière homogène dans tous les groupes d’électeurs.