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La législature commencera officiellement le 1er juin et durera cinq ans.
© MARTIAL TREZZINI

Elections cantonales

La gauche se renforcera-t-elle au Conseil d'Etat genevois?

Les électeurs sont appelés à choisir les six ministres qui siègeront avec le PLR Pierre Maudet, élu au premier tour. Les premiers résultats sont annoncés pour 12 h 45

Qui accompagnera Pierre Maudet au sein du nouveau Conseil d'Etat genevois ? Le ministre PLR ayant été élu au premier tour (avec 50 180 voix), le 15 avril dernier, il reste six sièges à attribuer au second, qui se déroule ce dimanche 6 mai. Les résultats de la première manche laissent penser que le parti socialiste pourrait gagner un siège au détriment de l'Entente, et singulièrement du PDC, dont un des deux ministres, Luc Barthassat, conseiller d'Etat en charge des transports, a terminé à une décevante neuvième place. Depuis, la droite a serré les rangs pour afficher une mobilisation sans faille, dans l'espoir de renverser la tendance.

On saura dès 12 h 45 ce que le peuple genevois a décidé: recentrer le Conseil d'Etat (dont la composition passerait à: trois représentants de gauche, trois de droite et un MCG) comme il avait recentré le Grand Conseil il y a trois semaines. Ou maintenir une Entente (PDC-PLR) majoritaire (quatre élus) face à une socialiste, un Vert et un MCG.

Un barouf suffisant?

Dans l'entre-deux tours, Luc Barthassat, en difficulté, a multiplié les actions de communication. Il a pris plusieurs décisions politiques attendues, notamment dans la gestion des déchêts. Il a fait le tour de ses appuis paysans, qui lui ont fait défaut le 15 avril. AgriGenève lui a d'ailleurs apporté son soutien. Tout ce que l'Entente compte de relais officiels (notamment la Fédération des entreprises romandes) a martelé le mot d'ordre avec fermeté: voter compact, pour éviter la montée de la gauche. Le président Longchamp lui-même n'a pas ménagé sa peine: deux semaines de suite, il a emmené Luc Barthassat avec lui lors du point de presse hebdomadaire du Conseil d'Etat pour évoquer des sujets liés au champ d'action du ministre des transports. Ce dernier a engagé une conseillère personnelle, spécialisée dans les relations publiques. Elle l'a aidé à s'assagir, dans son allure (il a retiré plusieurs de ses bagues) et sur les réseaux sociaux, où le PDC a été hyperactif durant la législature. Ce barouf suffira-t-il ?

Lire aussi: Luc Barthassat et les paysans: après le désamour, le rachat

Luc Barthassat pourra compter sur un report des voix de Alexandre de Senarclens. Le candidat PLR a en effet annoncé, au lendemain du premier tour, qu'il se retirait de la course. Ce report ne sera que partiel. Afin d'assurer un second siège PLR avec Nathalie Fontanet, bon nombre de militants pourraient oublier de cocher la case à côté du nom du ministre des transports. A gauche également, un retrait (Sandrine Salerno, qui a réalisé le moins bon score des trois candidats socialistes) bénéficiera aux deux socialistes encore en lice. Et les 30 000 voix de l'élue de la Ville de Genève pourraient bien consolider l'avance de Thierry Apothéloz, conseiller administratif de Vernier, arrivé sixième le 15 avril, avec 1400 voix d'avance sur la septième, la PLR Nathalie Fontanet, mais surtout 5850 sur Luc Barthassat.

Lire aussi: Thierry Apothéloz: «Nous, les fils d’ouvriers, nous prenons les escaliers, pas les escalators»

La gauche disposant de réserves de voix plus importantes que la droite au second tour, cet avantage pourrait être décisif. A moins que la désunion de l'Alternative n'éparpille les suffrages, de ce côté-ci du spectre politique. Car malgré les déclarations d'unité des Etats-majors au lendemain du premier tour, il y a bien eu deux campagnes, Ensemble à gauche (EàG) n'ayant pas voulu faire liste commune avec les Verts et le PS. Ce sont notamment les options radicales d'EàG concernant la réforme de la fiscalité des entreprises qui ont empêché cette union. Au final, l'impression qui domine est tout de même celle d'une gauche divisée sur un point essentiel pour l'avenir de Genève, même si les deux camps ont réussi à éviter les escarmouches, ce qui est déjà beaucoup, au vu de la législature qui se termine.

Lire aussi: La gauche genevoise invente l'union à deux listes

Les autres conseillers d'Etat en poste devraient connaître un dimanche reposant. A part le président, le PLR François Longchamp, qui avait annoncé qu'il ne se représenterait pas au terme de la législature actuelle, tous sont candidats à leur propre succession. Quatre d'entre eux semblent assurés de passer l'épaule. Au premier tour, le MCG Mauro Poggia a terminé deuxième (43 728 voix), devant le PDC Serge Dal Busco (40 836) et le Vert Antonio Hodgers (40 754). Anne Emery-Torracinta, la ministre de l'instruction publique, cinquième, est certes distancée en nombre de voix (33 350), mais elle a bénéficié d'une bonne mobilisation de son camp, chahutée qu'elle a été durant la campagne par plusieurs affaires qui semblaient l'avoir affaiblie. Il n'en a rien été.

Aucun autre des onze candidats n'a de réelle chance de faire son entrée au gouvernement cantonal. Pas même Willy Cretegny, le chouchou de ce second tour. Le vigneron de Satigny a fait un score honorable pour un candidat indépendant (9 157 voix). Plusieurs militants écologistes ont posté sur les réseaux sociaux leur matériel de vote où figurait une croix en faveur de Willy Cretegny et sa liste nommée «Prospérité maîtrisée». Et l'homme est un vrai entrepreneur, comme la droite les aime. Bref, beaucoup de monde peut trouver une raison de voter pour lui. Pas assez pour en faire un ministre, mais suffisamment pour lui donner envie de se présenter au conseil national.

Lire aussi: Willy Cretegny, la Cuvée de la Tour Baudet

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