Les électeurs vaudois auront un semblant de choix en mars prochain lorsqu'ils éliront leurs conseillers d'Etat. Alors que la droite a constitué sa liste à quatre candidats depuis un mois, la gauche partira finalement en ordre dispersé: le congrès du Parti socialiste a suivi les recommandations de son comité directeur. Plus question d'une liste unique avec roses, rouges et Verts: le PS présentera ses deux ministres sortants en compagnie du popiste Josef Zisyadis. Par 186 voix contre 18, les socialistes ont sèchement rejeté l'idée de lancer une troisième candidature synonyme de rupture avec l'extrême gauche. Pas question de condamner le camarade Zisyadis, dont les troupes ont également soutenu la liste commune samedi par 56 voix contre 17.

La large majorité des roses n'a donc pas écouté les appels lancés à une triple candidature, permettant à un, ou plus certainement une, socialiste de se profiler en vue des prochaines échéances électorales. «Le plus grand parti du canton doit présenter au moins trois candidats», ont vainement plaidé de rares militants.

Si la stratégie prônée par la direction rose a convaincu, ses appels à la modération envers les Verts n'ont été que partiellement suivis. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer «l'appétit» et «l'ego surdimensionné» des alliés écologistes, dont la double candidature a coulé le projet de liste unique rose-rouge-verte.

La droite «seule adversaire»

Il aura fallu toute la faconde du ministre Pierre-Yves Maillard pour rappeler le «seul adversaire» des socialistes: la droite, et sa liste unique (les sortants Jean-Claude Mermoud (UDC) et Pascal Broulis (Rad.), le libéral Philippe Leuba et la radicale Jacqueline de Quattro). «Nous ressentons une forte déception. La décision des Verts et les commentaires qui l'ont accompagnée nous font mal. Mais les Verts restent nos alliés, et une majorité avec eux nous permettra de faire avancer nos idées.»

Mais les Verts n'ont pas été les seuls à être écorchés: quelques orateurs s'en sont également pris à Josef Zisyadis, dont le passage éclair au gouvernement de 1996 à 1998 n'a pas laissé que des bons souvenirs au PS.

Là encore, les caciques du parti se sont efforcés d'éteindre le feu: le conseiller national est nécessaire à la majorité de gauche. Le camarade popiste a d'ailleurs rejoint ses alliés roses en fin de congrès. Pour prouver l'union de la gauche, même affaiblie par la défection verte.