Hiver

Le gel et les congères mettent le réseau des CFF à rude épreuve

Aiguillages gelés, blocs de glace scotchés aux wagons, le froid perturbe la circulation des trains

Le gel et les congères ne paralysent pas que le réseau routier. Les voies ferrées en souffrent également. Depuis deux jours, les CFF se battent contre les aiguillages gelés, la formation de glace sous les wagons et les projections de ballast provoquées par la chute de ces gros glaçons.

En images: La bise et le froid font frissonner la Suisse romande

Mercredi matin, la ligne du Val-de-Travers, utilisée pour les liaisons CFF et TGV Neuchâtel-Paris, a été dérangée à cause d’une installation gelée à la hauteur de Travers. Mardi après-midi, le trafic CFF a été perturbé entre Lausanne et Genève à cause du froid. «Il ne s’agissait pas d’un problème d’aiguillage gelé mais de congères et de formation de glace sous le châssis des trains entre Saint-Prex et Etoy. Or, lorsque la glace chute sur un aiguillage, celui-ci peut être empêché de tourner. En revanche, le risque de projection de ballast est aujourd'hui réduit, car, à la suite des études menées avec l’EPFL, la hauteur de la couche de ballast a été modifiée», résume Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF.

Trois-cent soixante personnes prêtes à intervenir

«Dans un cas de ce genre, on réduit la vitesse de manière préventive à 80 km/h. En ralentissant la circulation, il n’y a plus assez de capacités pour faire passer tous les trains. C’est pour cela que nous avons stoppé les Intercity à Lausanne. Nous en avons supprimé deux par heure et par sens. Les rames InterRegio ont en revanche continué de circuler entre Lausanne et Genève. Nous avons tout fait pour pénaliser le moins de clients possible», poursuit-il.

Les CFF sont équipés pour intervenir en cas de fortes chutes de neige, de formation de congères ou de gel. Ils disposent d’un service d’hiver de 360 personnes prêtes à être mobilisées pour lutter contre les dégâts du froid. Ces collaborateurs sont répartis dans tout le pays. En Suisse romande, quarante personnes basées à Genève et à Lausanne peuvent être engagées entre ces deux villes.

7400 aiguilles chauffées

Affectées aux travaux d’entretien des voies, ces équipes assurent la permanence de mi-octobre à mi-mars. Le centre d’analyse de Berne établit des prévisions météorologiques pour chaque gare. Il s’appuie sur les données communiquées par les stations réparties sur le réseau et sur des sondes de température posées sur les rails. Environ 7400 aiguilles, soit à peu près une sur deux, sont équipées d’un chauffage électrique (62%) ou à gaz (38%). Toutes celles qui se situent sur les voies principales entre Lausanne et Genève sont chauffées, précise Jean-Philippe Schmidt.

Ces chauffages sont déclenchés automatiquement et fonctionnent jusqu’à moins 20 degrés. Mais il peut arriver qu’ils se bloquent en cas de bise forte, car celle-ci peut projeter de la neige gelée à l’intérieur du dispositif. Peu de cas ont cependant été signalés ces derniers jours. Le froid peut provoquer d’autres perturbations, comme des pannes de moteur des barrières, des dégâts aux rails ou des blocages de portes. Parmi les mesures préventives, les CFF maintiennent les locomotives et automotrices sous tension lorsqu’elles ne circulent pas. Cela évite la formation de givre sur les vitres et permet de chauffer les voitures avant leur mise en service matinale.

Publicité