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Le gel a dévasté des cultures en Valais

Presque toute la récolte des vignes et au moins la moitié de celle des abricots est perdue. Il y a moins de dégâts dans les cantons Neuchâtel et Vaud

Trois nuits glaciales avec des températures jusqu’à -12 degrés par endroits ont suffi pour dévaster les cultures valaisannes. Selon Gérald Dayer, chef du service cantonal de l’agriculture, les viticulteurs et arboriculteurs ont perdu la quasi-totalité de leur récolte. Il estime la situation dramatique: «Pour eux, cela signifie la perte de leur revenu annuel.»

Une première évaluation des dégâts faite par les services de l’Etat montre que presque toute la récolte des vignes et au moins la moitié de celle des abricots est perdue. Environ 2000 hectares de vignes, soit plus de 40% du vignoble cantonal ont été touchés. Et seul un tiers des surfaces d’abricotiers est sorti indemne des nuits des gels.

«Crise cardiaque» pour les vignes

«Avec la sécheresse ambiante, la vigne a pris un gros coup, comme une crise cardiaque», illustre le chef de l’office de la viticulture Pierre-André Roduit. Le vignoble souffre davantage. Au niveau du sol, la température est beaucoup plus faible qu’à deux ou trois mètres de hauteur. Il peut y avoir plusieurs degrés de différence, ce qui explique en partie que certains arbres ont moins souffert, précise Jacques Rossier, chef de l’office de l’arboriculture.

Les moyens de lutte utilisés peuvent faire remonter la température de deux ou trois degrés, mais ce n’est pas suffisant dans des conditions aussi extrêmes. En plus du froid, la météo de la fin de l’hiver a été favorable à la végétation dont la maturité avait une quinzaine de jours d’avance.

Faillites d’entreprises agricoles?

Un pareil gel n’a plus eu lieu depuis les années 1970. Mais selon Pierre-André Roduit la situation n’était pas aussi dramatique. Aujourd’hui, plusieurs milliers de vignerons et d’encaveurs valaisans sont touchés et la question de faillites d’entreprises agricoles se pose. Des pertes de revenus sont attendues.

Dans l’immédiat, le canton peut proposer des crédits sans intérêt aux agriculteurs frappés. «Cela ne remplace pas le revenu mais on est prêt à intervenir rapidement avec cet instrument», précise Gérald Dayer. A court terme, le but est de permettre la survie des exploitations. D’autres instruments doivent être étudiés pour le plus long terme.

Moins de dégâts dans les cantons Neuchâtel et Vaud

Les vignobles du Valais et du Vully, dans le canton de Fribourg, semblent les plus touchés en Suisse Romande, avant ceux de Neuchâtel et Vaud. Côté vaudois, «seuls quelques endroits peu ventilés, où le froid s’est accumulé, déplorent des pertes», a indiqué François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons, interrogé par La Côte. La bise a souvent sauvé la situation, car elle a permis un brassage d’air salutaire.

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