Les «World Police and Firefighter Games»: sous ce titre ronflant se cachent des olympiades pas comme les autres, les Jeux mondiaux des policiers et pompiers (http://www.2005wpfg.org): depuis 1985, ils rassemblent tous les deux ans, essentiellement en Amérique du Nord, policiers et pompiers du monde entier. Cette année, ils se sont retrouvés à Québec le 26 juin, et se sépareront ce 5 juillet. Plusieurs centaines de Suisses étaient du voyage.

Afin d'aider les participants à payer les frais d'hôtel et de voyage, la World Police & Fire Games Association Switzerland a eu une idée très à la mode: réaliser un calendrier. L'originalité réside dans les concepteurs: c'est l'ECAL, l'Ecole cantonale d'art de Lausanne, qui a été sollicitée. «Notre condition était qu'il n'y ait pas d'atteinte à l'image de la police. Sinon, nous n'avons pas fait de censure», soulignait il y a quelques mois André Binggeli, officier genevois responsable de la délégation. «Nous avons trouvé amusant de réunir une école d'art et des gens qui n'ont a priori rien à voir, expliquait de son côté Pierre Fantys, professeur responsable du Département photo de l'ECAL. Mes étudiants ont eu carte blanche. Il fallait un produit qui soit accessible, mais on a pu faire quelque chose d'un peu impertinent.»

Le résultat constitue un bon prétexte pour donner la parole à des policiers. Mal-aimée, vilipendée, la police peine à redorer son blason. Les difficultés à renflouer les rangs le prouvent. Le calendrier qui résulte de la collaboration avec l'ECAL est d'autant plus surprenant: il sublime, avec un soupçon d'ironie, l'image de ces gardiens de l'ordre. Il a parfois fallu s'y prendre à plusieurs reprises pour convaincre les modèles, parfois effarouchés par l'avant-gardisme des équipes de photographes. Ceux qui ont accepté l'ont fait pour leur corporation. Trois d'entre eux ont bien voulu évoquer leur parcours, leur motivation et leur perception du métier.

Calendrier disponible dans les corps de police ou en ligne sous http://www.wpfg.ch/kalenderF.html.