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Pour Marcel Dobler (au premier plan), le verrouillage de sites étrangers de jeux en ligne peut être facilement contourné.
© LUKAS LEHMANN/Keystone

Votation

La génération online rejette le blocage d'internet

La loi sur les jeux d’argent est combattue par plusieurs jeunes formations politiques. Mais pas seulement. Economiesuisse et le PLR y sont eux aussi opposés

Un conflit générationnel divise certains partis politiques à propos de la nouvelle loi sur les jeux d’argent, sur laquelle le peuple votera le 10 juin. Attachée à la liberté d’internet, la jeune génération s’oppose à ce texte législatif, qui prévoit la possibilité de bloquer les pokers ou autres jeux en ligne proposés par des opérateurs étrangers. Elle en fait une question de principe, et ne manque pas de relever qu’il est de toute manière assez facile d’esquiver ces verrouillages.

«Cela prend vingt secondes», résume le conseiller national Marcel Dobler (PLR/SG), cofondateur de Digitec et président d’ICTswitzerland. «Certains sites internet livrent des instructions faciles à suivre pour contourner ces blocages en quelques clics», reprend-il. Pour jouer en ligne sur une plateforme illégale, il suffit par exemple d’utiliser la technologie des tunnels VPN, qui permet de coller à une adresse IP l’identité d’un autre pays que la Suisse. «Cela ne fait que renforcer le marché noir alors que la loi est censée le combattre», ajoute le Saint-Gallois.

Lire aussi: Les lobbies salivent devant les milliards des jeux d’argent

Outre cet aspect technique, les jeunes formations politiques – UDC, PLR et Vert’libéraux, auxquels les Jeunes Verts se sont joints par la suite – qui ont lancé le référendum contre la loi sur les jeux d’argent et lancé leur campagne jeudi considèrent qu’un pays n’a pas à censurer internet. «Il faut laisser cela à la Chine ou à la Corée du Nord», s’insurge Natalie Rickli (UDC/ZH). «Les opérateurs peuvent verrouiller certains sites dans le domaine de la pédopornographie. Dans le cas de la loi sur les jeux d’argent, ce n’est pas justifié, car il n’y a rien de criminel. Il est totalement déplacé de comparer les deux situations comme cela a été fait lors des débats parlementaires», complète-t-elle. Pour Marcel Dobler, le verrouillage d’internet «est une atteinte grave à la liberté économique et affaiblit les entreprises digitales en Suisse et à l’étranger».

Le revirement du PLR

La loi votée par le parlement réserve aux opérateurs en ligne et exploitants de casinos suisses le droit de proposer des jeux en ligne. Elle exclut les plateformes internationales, dont certaines ont leur siège dans des paradis fiscaux, et le parlement a refusé de leur donner accès à un régime de concessions. Ces opérateurs étrangers ont soutenu activement et financièrement la récolte des signatures pour le référendum. Le président des Jeunes PLR, Andri Silberschmidt, ne s’en est jamais caché. «Mais nous n’avons plus besoin de leur soutien. Comme le cercle des opposants s’est élargi, le financement repose désormais lui aussi sur une base plus large. Nous serons en mesure de réunir les quelques centaines de milliers de francs nécessaires», a-t-il annoncé jeudi.

Désormais, economiesuisse, Swissmem, ICTswitzerland et le PLR suisse recommandent également de rejeter la loi, alors que l’UDC laisse la liberté de vote. Comment expliquer le revirement du PLR, qui avait massivement soutenu la loi au parlement? «Ce sont surtout les jeunes qui sont opposés à cette loi. Or, ils sont peu nombreux au parlement mais étaient bien représentés à l’assemblée des délégués du 24 mars, lorsque le mot d’ordre a été adopté», souligne Marcel Dobler. Aux Chambres fédérales, le lobbying exercé par les représentants des casinos, des loteries et des milieux associatifs, sportifs et culturels, qui profitent de la redistribution des bénéfices, avait clairement fait pencher la balance en faveur de la nouvelle loi. Comme cela représente beaucoup de monde, Marcel Dobler pense que le comité référendaire aura de la peine à toucher le jackpot le 10 juin.

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