La conférence de presse donnée vendredi par la conseillère d'Etat zurichoise Rita Fuhrer et le patron des CFF, Benedikt Weibel, est révélatrice: dans la dure bataille des cantons pour l'obtention des plus rares subventions fédérales destinées au développement de leurs transports publics, Zurich a pris la pleine mesure de la nécessité d'exercer un lobbying musclé et constant à Berne. Le canton alémanique n'entend pas attendre 2020 pour l'achèvement de sa deuxième gare souterraine. Il l'exige pour 2013.

A Genève, on attend la réalisation de la ligne ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives- Annemasse depuis 1912… Un hasard? Pas vraiment. Si un groupe de soutien au CEVA vient heureusement de se constituer, le lobbying exercé par Genève au parlement fédéral et au sein de l'administration demeure insuffisant.

A qui la faute? A une connaissance de la Berne fédérale encore très lacunaire. A Genève, le financement de la Confédération est trop souvent considéré comme un dû. D'où cette incapacité à se défendre de manière structurée et collective.

La région bâloise est à ce titre un exemple. Elle a su tirer à la même corde pour obtenir les deniers nécessaires au développement du TGV Rhin-Rhône.

Dès lors, le retard pris par Genève met encore d'autant plus en lumière l'inexistence de la regio genevensis. Avec l'appui massif de la France voisine que les politiques genevois doivent provoquer, les requêtes genevoises gagneraient sensiblement en poids et en légitimité.