Finances

Genève peut aborder son année électorale avec un budget

Les députés genevois ont avalisé un déficit de 186,5 millions. La solution a trouvé une majorité mais ne convainc pas

Genève a un budget pour 2018. Ce qui est une évidence ailleurs ne l’est pas dans ce canton, qui avait traversé 2016 sans. La pression des fonctionnaires notamment, dont les manifestations avaient réuni jusqu’à 10 000 personnes à l’hiver 2015, avaient empêché les élus de se mettre d’accord. La grève reconduite cette année pouvait faire craindre une même carence pour 2018. Après 16 heures de débat sur deux jours, les députés ont voté un budget déficitaire de 186,5 millions.

Faible mobilisation lors des manifestations

A vrai dire, les choses étaient jouées avant jeudi. En commission des finances, le PDC avait rejoint le Parti socialiste, les Verts et le MCG pour accepter cette enveloppe 2018. Le parti de la famille et du ministre des Finances, Serge Dal Busco, aurait eu du mal à rejoindre son cousin de l’Entente, le PLR, dans son refus et à aborder la nouvelle année dans le rôle de bloqueur de la République: les élections cantonales ont lieu dans quatre mois. Et les manifestations, finalement, n’ont réuni que peu de fonctionnaires.

S’il a trouvé une majorité, ce budget ne convainc pourtant personne. Les socialistes pensent qu’il ne permet pas d’offrir les prestations nécessaires à une population vieillissante. Ensemble à gauche parle d’«austérité soft», l’UDC de «dépenses inutiles». Le MCG fustige une générosité indue envers les frontaliers et les cantons suisses bénéficiant de la péréquation financière. Le PDC dit que l’on a atteint un plafond de dépenses. «Nous nous battrons pour faire toutes les réformes, résume le PLR Cyril Aellen, sans augmentation des impôts.»

Réforme de la caisse de pension publique

C’est que la nécessaire réforme de la caisse de pension publique, celle des salaires à l’Etat et PF17, la suite de RIE III, se profilent. De quoi creuser plusieurs déficits comme celui que les élus viennent d’avaliser. Ces enjeux seront au cœur de la campagne électorale de 2018.

La seule modification intervenue pendant ces deux jours est le sauvetage de la subvention du Club de la presse de 102 000 francs, qui avait été biffée suite à une conférence jugée trop ostensiblement pro-russe. Un audit de ce cénacle, dirigé parle député PDC Guy Mettan, va commencer dès janvier.

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