Genève adopte une loi pour moderniser sa police

Sécurité Une majorité du parlement a préféré le compromis à l’impasse

Changement d’ambiance pour le débat parlementaire sur l’avenir de la police. Le Mouvement Citoyens genevois (MCG) a troqué la stratégie de la guérilla pour celle de la rupture en retirant tous ses amendements, en disant non à tous les autres, en clamant son opposition absolue à la réforme et en menaçant d’un référendum le texte de loi qui serait voté. Ainsi débarrassé des propositions et des interventions d’Eric Stauffer et des siens, l’examen du projet a pu avancer rapidement. Sans grand enthousiasme et avec des concessions de part et d’autre, une majorité de députés (57 contre 36) ont accepté de «basculer dans une nouvelle ère», selon l’expression du conseiller d’Etat Pierre Maudet, en adoptant cette modernisation de l’institution.

Sujets sensibles

A l’heure de convaincre qu’un «moment historique» se dessine, le ministre a souligné à l’intention des plus réfractaires qu’il s’agit là «d’une loi sur la police et non pas d’une loi pour la police». Pierre Maudet a encore appelé les députés à constituer un front républicain afin de montrer que «personne à Genève n’a le monopole du soutien aux forces de l’ordre» et réaffirmer que «le politique commande et la police exécute et cela au bénéfice de la population».

Avant cette ultime tirade, le débat a porté sur certaines questions sensibles. Au final, l’exigence de la nationalité suisse ne sera pas inscrite dans la loi comme le voulait l’UDC. Les Verts n’obtiennent pas non plus l’ouverture du métier de policier aux titulaires de permis C pour permettre «la diversité» et un recrutement plus large.

Les socialistes, emmenés par Irène Buche, ont quelques raisons d’être satisfaits: le ratio de 42 policiers et agents de sécurité pour 10 000 habitants a été remplacé par une formule plus vague et mesurée, les acquis salariaux sont pour l’instant maintenus et il n’y aura pas de caméras installées dans les véhicules de police. Les enquêtes sous couverture demeurent dans le dispositif en attendant l’issue d’un recours au Tribunal fédéral. Seule vraie déception à gauche, les mesures d’éloignement des mendiants ne sont pas supprimées.

A droite, Renaud Gautier (PLR) a salué un compromis qui préserve l’essentiel. Même son de cloche du côté du PDC Vincent Maitre qui, sans être totalement satisfait, a mis beaucoup d’eau dans son vin notamment sur la question du paiement des primes maladie et autres indemnités. L’Entente obtient aussi la mention du port obligatoire de l’uniforme et la création d’une commission du personnel censée faire barrage aux trop puissants syndicats de police. Des syndicats qui ont déjà clamé tout le mal qu’ils pensent du changement.