Le conseiller administratif de la Ville de Genève Manuel Tornare est excédé: «Le Conseil d'Etat nous fait faire un travail de singe. On tombe dans le ridicule!» Le Conseil d'Etat a tranché: il demande aux communes une nouvelle liste de parcs qui seront totalement interdits aux chiens.

Cette décision intervient une semaine après la présentation du texte établi par la Commission de l'environnement et de l'agriculture du Grand Conseil. Les députés ont désavoué le Conseil d'Etat sur la décision de museler tous les chiens dans les parcs publics. En revanche, ce projet de loi instaure une liste de parcs interdits à tous les chiens, molosses ou non. Le Conseil d'Etat a annoncé mercredi qu'il s'alignera sur ce texte proposé par le parlement.

Ce revirement suit aussi la rencontre entre responsables du Département du territoire et pétitionnaires, qui contestaient le port de la muselière dans tous les parcs publics

Le rééxamen des mesures rassure ces opposants, même s'ils restent méfiants. «Si on interdit les chiens dans tous les parcs où il était prévu de leur faire porter une muselière, la situation sera pire qu'avant», estime Frédérique Flournoy, présidente de la SPA Genève.

Un gouvernement satisfait

Mais au lieu d'un retour en arrière, le Conseil d'Etat considère cet assouplissement du règlement comme un véritable succès. «Nos mesures ont permis de déterrer un projet de loi enlisé dans les tiroirs du Grand Conseil. Elles ont été un puissant stimulant à la révision de ces bases légales», se réjouit Pierre-François Unger, président du Conseil d'Etat.

Autre raison de cette satisfaction: le nombre de molosses à Genève semble avoir diminué. Une baisse qui, selon Pierre-François Unger, n'est pas étrangère aux mesures transitoires instaurées en août dernier. Si 940 chiens dits dangereux ont été recensés à la fin du mois de juin, ils ne sont plus que 850 aujourd'hui. Astrid Rod, vétérinaire cantonale, explique que «beaucoup de propriétaires de molosses ont déménagé ou ont donné leur animal à des connaissances vivant dans d'autres cantons». Mais ce recul s'explique aussi par un meilleur contrôle de ces chiens, et donc par un recensement plus systématique des décès.