La plage publique des Eaux-Vives, oasis au cœur de la ville, ne sera bientôt plus un mirage. Après près de neuf ans d’intenses négociations et de nombreux revirements, les Genevois pourront enfin bénéficier d’un accès au lac généreux dès l’été 2019. Les travaux d’aménagement débuteront en septembre sur la rade pour une mise en service complète en 2020. La «victoire d’une méthode», celle du «consensus», a salué le conseiller d’Etat Luc Barthassat, chargé du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA), qui tient ici une jolie réussite pour son bilan de mandat. Mis à part les Bains des Pâquis et la piscine de Genève-Plage, les possibilités de faire trempette dans le Léman manquent cruellement aujourd’hui.

Déposée au début de l’année, l’autorisation de construire est entrée en force lundi, aucun recours n’ayant été déposé dans le délai imparti de trente jours. Une consécration pour Genève qu’y croyait presque plus. Lancé en 2008 par Robert Cramer, le projet avait été freiné par moult recours dont celui du WWF en 2013. «Tous les acteurs réunis autour de la table ont su tirer à la même corde dans l’intérêt de la population», s’est réjouit Luc Barthassat dans un communiqué. En septembre dernier, le Grand Conseil avait déjà émis un signal fort en votant à l’unanimité une modification de zone, condition essentielle au projet. Cette décision validait dans le même temps un crédit d’investissement de 60 millions de francs voté en 2009.

Préservation de l’environnement

Président et fondateur de l’Association des amis de la plage, le député Vert François Lefort dit son soulagement. «Nous avons toujours cru en ce projet, mais il a fallu de la ténacité pour le faire aboutir. Dès qu’on touche au lac, on se heurte à une quantité de législations.» Loin de dégrader l’environnement, le nouvel espace public contribuera selon lui à le protéger: «cela évitera que les baigneurs prennent d’assaut d’autres lieux autrement plus fragiles comme l’Allondon».

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Fruit d’un compromis entre les associations de protection de l’environnement, les riverains, la société Nautique genevoise et l’Etat, la plage publique des Eaux-vives se divise en quatre secteurs. Un site de baignade de 460 mètres, une extension du port de la Nautique, la création d’un port de pêche et un espace de renaturation. La SNG disposera notamment de près de 226 places d’amarrages supplémentaires. «Après le recours du WWF en 2013, le projet a dû être entièrement repensé, rappelle Marceau Schroeter, responsable de la communication au DETA. Cela a nécessité un lourd travail pour parvenir à une solution qui satisfasse tout le monde. L’une de priorité a été de dépolitiser le sujet pour en faire un enjeu citoyen.»

Sauf tremblement de terre

Les travaux démarreront sur les quais entre Genève-Plage et Baby-Plage, avant la création de la grève, d'un parc et d’une roselière. Les infrastructures telles que les cabines, les douches ou la buvette seront posées en dernier. Faut-il s’attendre à des retards en cascade comme dans le cas du chantier du CEVA? «Il n’y a aucune raison à cela», assure Marceau Schroeter. Sauf tremblement de terre ou autre catastrophe, les Genevois devraient pouvoir jouir des longs jours d’été les pieds dans l’eau dès 2019.