Après le canton de Vaud, c'est au tour du gouvernement genevois de proposer l'installation de caméras de surveillance sur son territoire. Le Conseil d'Etat genevois souhaite en effet implanter 46 caméras en des points stratégiques du centre-ville et aux abords des missions diplomatiques.

Vingt-deux emplacements ont déjà été choisis par les forces de l'ordre. Parmi ces points stratégiques, on trouve la rade, la place Cornavin, le pont du Mont-Blanc, la place des Nations, la plaine de Plainpalais, le rond-point de Rive ou encore le stade du Bout-du-Monde, en prévision du village qui y sera installé pour accueillir les supporters de football lors de l'Euro 2008.

Des cyclopes dans la rue

«Il ne s'agit pas d'un nouveau Big Brother», a insisté le conseiller d'Etat socialiste Charles Beer lors d'une conférence de presse. «Si la vidéosurveillance ne remplace pas les patrouilles de police, elle permet d'alléger leur travail.» Un système d'imagerie pour réduire le nombre de patrouilles affectées à la surveillance donc, mais aussi pour «dissuader les délinquants et faire baisser la criminalité», selon le Conseil d'Etat.

Mais, avant de voir ces cyclopes fleurir dans les rues, le projet de loi du Conseil d'Etat, proposant l'ouverture d'un crédit de 6 millions, doit encore être approuvé par les députés. Genève pourra aussi compter sur une subvention fédérale de 1,3 million.

Ces 46 caméras ne sont pourtant pas une première. Genève dispose déjà de 189 caméras dispersées sur le canton. Dans des lieux bien spécifiques: 19 à l'Hôtel de police des Acacias, 35 pour surveiller le trafic routier et 135 sur l'autoroute. A l'aéroport, ce ne sont pas moins de 42 caméras qui scrutent les allées et venues des passagers.

Pour le Conseil d'Etat, ces chiffres ne sont rien en regard des 600 caméras éparpillées dans l'aéroport de Zurich ou des 17000 recensées à Londres. «Conformément aux dispositions légales, les images ne seront pas conservées plus de 48 ou 72 heures», explique encore le gouvernement genevois. Actuellement, la police n'a en effet pas les moyens nécessaires pour enregistrer les images capturées par ses caméras.

Sur le canton de Genève, la commune du Grand-Saconnex, qui jouxte l'aéroport, a, elle, d'ores et déjà voté l'implantation de caméras: 57 au total. Pour un montant de 230000 francs. Elles seront installées ces prochains mois. «Pour respecter la sphère privée, le visage des citoyens filmés sera flouté, souligne la magistrate communale Elisabeth Böhler-Goodship. Et ce à la demande expresse du Conseil d'Etat.» Seule une personne assermentée pourra, en cas de besoin, «déflouter» un visage pour une authentification.